[bgkamael]Ceinwen

Ici se trouvent les BGs des héros décédés, paix à leurs âmes.

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Cissou
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Message par Cissou » mar. 27 avril 2010 à 17h18

« Existe-t-il un autre type de lecture que celle que vous me donnez sur les coutumes de ces peuples ? »

Une jeune femme ailée posait cette question somme toute anodine au bibliothécaire de la cité des âmes, mais qui parut mettre un malaise dans la salle lorsqu’elle dit ces mots à voix haute.
Il lui répondit par la négative, ce qui ne surprit pas l’adolescente qui se retira de la salle sans un bruit.

Cette journée lui paraissait être plus longue qu’à son habitude. Sans doute étais-ce dû à l’absence de son professeur et tutrice. Ceinwen avait cherché à savoir ce qui avait pu retenir sa sœur de quelques décennies plus âgée, et n’avait trouvé que silence auprès des membres des anciens.

Elle se dit qu’un petit entraînement en dehors du village ne pourrait que lui faire du bien pour l’esprit et le corps.
Elle se dirigea vers sa chambre et mit son arc et sa besace sur son lit. Elle regarda si elle ne manquait de rien dans son sac et sortit par le long couloir de l’établissement où elle résidait, prenant soin au passage de signer le registre de sortie ainsi que de prévenir une de ces sœurs.
Elle quitta le village, n’ayant que pour pensée de s’occuper les mains pour terminer sa journée.

Elle marchait, pensant aux prochaines connaissances qu’elle pourrait avoir avec les derniers livres qui étaient arrivés à la bibliothèque mais qu’elle ne pourrait lire avant quelques années.
Son esprit l’emmena vers les récits des légendes des temps anciens et plus présentement sur une plage entourée de buissons épineux.
Sur le sable elle remarqua des empreintes inhabituelles qui déclenchèrent en elle un tourbillon de sentiments, mélange de tension et de curiosité.
Elle avança avec prudence, évitant les branches des petits buissons, entrant à couvert des arbres.
Ce qui lui paraissait être si facile en entraînement se révélait plus difficile sur le terrain qu’elle arpentait. Elle dû souvent s’accroupir pour décontracter les muscles de son dos et faire tout aussi attention à son aile pour qu’elle ne touche malencontreusement une branche basse.
Une quinzaine de minutes s’écoulèrent ou ce qui parut être une décennie pour Ceinwen et elle aperçut l’animal ou plutôt la personne qui était assise sur un tas de bois et qui mangeait son repas.
Ceinwen se fit la plus discrète possible et observa la personne.

Il s’agissait d’une naine si la description que les livres faisaient sur eux était exacte.
La jeune guerrière resta assise jusqu’à ce que la naine s’endorme. Elle se leva ensuite et se dirigea, l’arc en main, la flèche prête à être décochée en direction de la naine.
Elle se posta face à elle et la poussa du bout du pied ce qui n’eut aucune réaction.
Il fallut que Ceinwen la réveille d’un coup de pied pour que celle-ci réagisse et lève aussitôt les mains à la vue de la Kamael armée.
Elle commença à parler dans une langue inconnue de Ceinwen qui lui répondit dans sa propre langue.
La naine se mit alors à utiliser le langage commun que Ceinwen comprit de suite. Cette langue étant enseignée dès le plus jeune âge pour se préparer aux futures rencontres qu’elle aurait sûrement à faire dans l’avenir.

La naine : « Ne me tires pas dessus s’il te plait »
Ceinwen : «Que faites vous sur nos rivages ? » rétorqua t’elle, la voix un peu tendue.

La naine ne répondit rien sur le moment, son esprit plus absorbé par l’arme pointé sur elle que sur les paroles de la Kamael.

La naine : « Je me suis échouée sur votre île avec la dernière tempête »

Il est vrai que la nuit avait été terrible et que les habitations avaient souvent tremblées avec le tonnerre.
Ceinwen baissa légèrement son arc se rendant compte que la naine ne se risquerait pas à tenter quoi que ce soit contre elle.

Ceinwen : « Si quelqu’un d’autre vous trouve vous serez immédiatement emmenée pour être questionner sur votre présence sur ces lieux. Il faut que vous repreniez la mer. »

La naine se leva sans prévenir et Ceinwen se remit en position de garde, sa flèche de nouveau pointée vers la naine apeurée. Elle lui montra une cheville bandée et tenta de cacher sa douleur malgré le rictus qui se formait sur son visage.

Ceinwen la questionna sur son identité et su qu’elle se nommait Blyma.
La naine continua de parler tout en marchant vers la plage où elle avait commencé à reconstruire un radeau avec les restes des vestiges de sa première embarcation.
Elle lui parla de l’inquiétude que risquait d’avoir son oncle qui attendait sa visite ainsi que ces parents. La Kamael écoutait sans mot dire, retenant le plus d’éléments possible sur l’attitude de la petite personne et sur son récit. Elle remit son arc en bandoulière et se rappela qu’elle n’avait pas récupéré son coutelet dans sa table de chevet.
Blyma ne cessait de parler, et Ceinwen pensa qu’il s’agissait d’un moyen pour dissiper sa peur.
La Kamael regarda à l’intérieur de l’embarcation et découvrit deux caisses remplies de livres et autres objets.
Elle interrogea la naine du regard pour savoir si elle pouvait prendre un des bouquins.
La naine acquiesça et lui dit qu’il s’agissait de romans écrits par l’un des meilleurs conteurs de son village.
Le dialecte utilisé était tout comme la langue naine, totalement inconnue à Ceinwen qui le remit à sa place.
La naine le reprit et commença à lire le livre à voix haute dans le langage commun.
Blyma avait une telle façon d’exprimer les simples lignes d’un livre que Ceinwen écouta sans perdre une miette, posant certaines questions sur des sentiments inconnus de son peuple.

Ceinwen se rendit compte que l’après-midi avait trop vite passé. Le soleil était en effet en déclinaison et elle se dit qu’il était temps de rentrer. Elle laissa la naine seule en lui rappelant de faire au plus vite pour repartir.

Cette nuit là, Ceinwen rêva de mille et une choses toutes reliées à ce que la naine lui avait raconté.

Le lendemain elle sortit retrouver la naine, prétextant à sa tutrice qu’elle souhaitait s’entraîner à nouveau seule.
Elle passa la journée en la compagnie de Blyma et se surprit à rire avec elle. Ceinwen avait comme un sentiment de confiance en écoutant la naine et se demanda de quel sentiment il pouvait s’agir. Elle questionna la naine qui lui répondit :
« Lorsque plusieurs personnes partagent des choses ensemble, cela crée un lien invisible que l’on appelle l’amitié ou parfois l’amour »
Elle rajouta ensuite : « Pour nous deux il s’agit d’amitié car l’amour est plus complexe que l’amitié. »
Ceinwen lui demanda alors quelle était cette différence. Elle souhaitait en apprendre plus, connaître des nouvelles choses et pensait que la naine pouvait sans doute lui apporter les réponses à certaines questions qu’elle avait depuis plusieurs années.

Blyma s’installa sur l’un des côtés de son radeau et regarda la Kamael. Elle lui dit qu’elle pourrait répondre jusqu’au soir à ces questions car son radeau était presque terminé.
La naine avait travaillé toute la nuit à reconstruire son embarcation.
La Kamael ne savait pas par où commencer… Puis se lança sur une question puis une seconde et en quelques minutes la naine fût engloutie par les interrogations de Ceinwen.
Elles parlèrent des heures durant, la naine s’aidant de certains passages de livres pour exposer certains actes.

Ceinwen n’en revenait pas qu’une telle connaissance et un tel savoir sur des choses si anodines pour Blyma pouvaient exister au-delà de son île natale.

Le soleil à son déclin annonçait le retour obligatoire de Ceinwen et la mise à l’eau du radeau de Blyma.

Les deux personnes se regardèrent et Ceinwen se surprit à regret de ressentir comme une pointe d’amertume ou comme lui avait expliqué Blyma, de la tristesse peut-être…
La naine monta dans son radeau et en sortit deux livres écrits en langage commun. Ceinwen fût un instant étonnée puis esquissa un sourire à la naine.

La naine : « J’espère que tu ne les liras pas trop vite et que tu sauras trouver les réponses à tes questions à l’intérieur de ceux-ci. »

Ceinwen commença à s’éloigner sur le chemin du retour pendant que Blyma poussait avec beaucoup de mal l’embarcation qui devait la ramener chez elle.
La Kamael regarda derrière elle puis revint vers la naine. Elle l’aida à pousser son canot et y plaça à bout de bras la naine à l’intérieur.

Blyma salua Ceinwen avec de grands gestes et commença à ramer pendant que la jeune femme la regardait s’éloigner.

« Il faut rentrer maintenant » se disait Ceinwen qui se rendit compte qu’elle serrait les livres contre son buste.
Elle réalisa soudainement qu’elle ne pourrait ramener ces ouvrages en ville et décida de les cacher dans sa besace qu’elle cacha elle aussi sur cette plage, à l’abri de l’eau.

Elle se promit qu’elle reviendrait ici tous les mois afin de lire les deux ouvrages et ainsi étancher sa soif de connaissances.
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Re: [bgkamael]Ceinwen

Message par Cissou » mer. 20 octobre 2010 à 12h30

Elle était restée finalement très peu de temps au sein de l'Effigientia, escouade militaire détachée sur le continent.

Ces lectures eurent raison d'elle, et encore plus à mesure qu'elle posait les questions à certaines personnes lors de rencontres hasardeuses à propos de ses lectures.

Bien entendu, elle revenait souvent sur "son île", n'omettant jamais d'annoter sa venue pour faire bonne figure ou tout simplement par habitude.
Habitude qui bien qu'encrée au fond d'elle ne suffisait jamais longtemps à la retenir sur place.
La chambre qu'elle occupait voyait un peu trop de poussière s'entasser sur les rares meubles de sa chambre spartiate.

Sa disparition ne ferait pas écho, voilà ce qui lui vint un jour en tête alors qu'elle pêchait bien au sud de la ville portuaire de Gludin.
Elle avait trouvé "son ile", "son foyer" et s'y était installée avec tous ces bouquins, seuls éléments décoratifs de par leur couleur de couverture.
Pêcher n'étant plus un secret, elle avait fait de cette habitude un mode de vie, de survie même pour pouvoir manger autre chose que du poisson.
Comme elle ne connaissait pas la maladie, elle vivait simplement des ressources qu'elle pouvait échanger ou acheter, mais également des rares plantations qu'elle avait pu semer au printemps comme l'avait indiquer un manuel.

C'est ainsi que se constituait sa vie, qui selon certain n'était pas des plus atypique mais qui suffisait tout simplement pour cette jeune kamelle qui avait rêvé de cette simplicité et de cette liberté depuis sa toute première rencontre avec une certaine naine...
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