[BG Humain] Anvil Acarda

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sinh
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[BG Humain] Anvil Acarda

Message par sinh » dim. 14 juin 2020 à 13h38

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Nom : Acarda
Prénom : Anvil
Surnom : Le soigneur de livre
Titre : -
Age : 32 ans
Sexe : Masculin
Race : Humain





Description physique : Anvil a une petite carrure et se fait généralement discret. Ses cheveux sont d’un brun tout à fait commun, et a des yeux marrons claires dont la teinte s’accorde bien avec sa peau relativement pale. Depuis la reprise de Giran il ne semble plus tout à fait le même, bien souvent du sang vient remplacer l'encre sur ses mains, l'épée sa plume. Anvil à les yeux rougis par lecture et la fatigue, des cernes sombres viennent soutenir son regard.

Caractère : Facilement énervé, curieux, studieux. N’est pas particulièrement courageux mais est prêt à prendre des responsabilités ou de grand risques s’il en gagne quelque chose en retour. Sa bataille contre l'Ire Bestiale, notamment la bataille de Giran, l'a profondément changé. Blessé, il est devenu méfiant, direct et plus agressif qu'auparvant.




Spoiler:

Métier : Commerçant antiquaire et restaurateur de livres
Compétences :
  • Combat : Sait utiliser une épée et un bouclier pour se défendre et aller récolter ce dont il a besoin dans la nature.
  • Magie : S’efforce toute fois d’en apprendre le plus possible pour pouvoir aider et guider son fils. Ses chants et prières magiques l'accompagne lors de ses combats. Commencé à s'instruire sur les arts sombres suite à ses blessures et trauma de la bataille de Giran.
  • Artisana : Est capable de redonner une seconde vie à des ouvrages en piteux état. Peut restaurer des illustrations abimées et est capable de dessiner pas trop mal avec du fusain.
Métamorphoses : -

Alignement : Chaotique Neutre
Guilde : Vernalis
Faction : Les innommés
Langues parlées : Commun

Autres :
  • Art littéraires: Arrive a déchiffrer partiellement les runes naines et l’elfique.
  • Père: Beorthro, - ✝
  • Mère: Egarline - 54 ans, retournée vivre dans son hameau d’origine.
  • Epouse: -
  • Enfants: Steri - 16 ans, humain qu’il a recueilli presque bébé.
  • Aime: La ville, son fils, sa maison, l’histoire, l’argent.
  • Aime pas: Les bateaux, les voleurs, la négligence.
  • Peur de: La mort, les pertes financières, la magie noire
  • Admire: L’art des elfes, le travail bien fait, les beaux livres, la magie noir
  • Désire: Vivre confortablement, protéger son fils
  • Ignore complètement: La navigation, la métallurgie
Situation financière : Aisée
Comportement social : Classe populaire, souvent amené à traiter avec la bourgeoisie
Type d’éducation reçue : Bourgeoise
Popularité et/ou influence : Est raisonnablement connu des habitants de Gludin pour son commerce de livres, et est en contacte régulier avec les autres commerçants du village.
Pensée politique : La communauté est vitale pour le profit personnel.

Périodes clefs :
  • 0-11 ans : Petite enfance sur l’île des Murmures
  • 12-17 ans : Échoppe familiale sur l’île des Murmures
  • 18-21 ans : Garde du village sur l’île des Murmures
  • 22-23 ans : Antiquaire dans le livre sur l’île des Murmures
  • 23-27 ans : Antiquaire & restaurateur de livres à Gludin
  • 27- ans : Innommé & Vernalis
Croyances :
  • Einhasad : Croyant
  • Gran Kain : Neutre
  • Eva : Neutre
  • Shilen : Neutre
  • Sahya : Neutre
  • Pa’agrio : Neutre
  • Maphr : Neutre
Relations extérieures :
  • Elfes : Admiré pour leur culture et leurs arts.
  • Humains : Amical, est fier d’en être un.
  • Kamaels : Mauvaise, s’en méfie comme la peste.
  • Nains : Ce sont de redoutables commerçants, mais il les connait bien et les aimes bien.
  • Orcs : Neutre, se doit de faire du commerce avec tous.
  • Sombres : Neutre, penser à leur histoire le fait frémir.
Dernière modification par sinh le dim. 21 mars 2021 à 19h39, modifié 12 fois.

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Re: [BG Humain] Anvil Acarda

Message par sinh » dim. 14 juin 2020 à 14h02




Chapitre 1
7 d’Astrée de l'an 957 - Ville de Gludin


Les dernières neiges avaient fondu depuis quelques semaines, ayant ainsi délaissé les toits et les rues de son fin manteau blanc. Les rayons de soleil en cette fin d’après-midi d’Astrée peinant à percer les nuages qui dominaient le ciel au-dessus de la ville. Bien que des jours plus cléments se profilaient à l'horizon, le fond de l’air restait froid. Lorsque la pluie eut enfin raison du soleil et commença à ricocher sur les pavés, sa mélodie se mélangea aux cloches qui annonçaient la fin de la journée.

Au centre de la ville, dans une petite échoppe que les derniers clients de la journée avaient déjà quitté, Anvil remarqua les gouttes qui venaient butter contre les carreaux de la grande fenêtre, puis la mélodie monotone du clocher. Les masses en acier résonnèrent six coups, puis se turent, laissant la pluie seule maîtresse de l’ambiance sonore de la pièce. Le magasin était de taille modeste et les murs épais du bâtiment retenaient bien l’agitation du bourg. Mais c’était bien aux milliers de livres, qui tapissaient les parois et s’étendaient sur la grande table centrale, que l’on devait la véritable coupure qui séparait cet espace de l’extérieur. Ce cocon réconfortant de calme, où le temps semblait parfois suspendu, était très prisé des connaisseurs. Aussi bien pour les ouvrages qu’il contenait que pour le répit qu’il offrait en ces temps agités, où les batailles et la misère n’étaient distantes, parfois que de quelques lieues, parfois que de quelques pas. Anvil éteignit la dernière des bougie qu’il avait dû allumer plus tôt, lors que le soleil avait commencé sa bataille perdue d’avance contre les nuages. Une petite fumée s’échappa de la mèche, juste après que la flamme soit morte entre les doigts de son créateur, puis, lors d’un court instant, l’odeur de brulé se mélangea aux parfums de vieux papier qui dominait la pièce.

- À demain …

Il rassembla les derniers livres éparpillés sur le comptoir et les déposa en pile sur la plus grande des deux tablettes proches de la porte d’entrée. Les ranger dans les rayons sera la première tâche du lendemain matin. Voila plusieurs semaines que l’antiquaire triait des centaines de livres. Il avait pu les acheter en vrac à un bourgeois désireux de récupérer le grenier de son ancien locataire, porté disparu depuis plus de dix ans. Personne ne savait ce qu’il était advenu de ce vieillard, perdu lors d’une nuit chaude d’été. Mais tout le monde s’accordait pour dire qu’il était probablement devenu fou avant de mourir, là ou personne ne le trouverait jamais.

Anvil hésita, souleva la couverture puis la reposa avant de saisir à nouveau le manuscrit du haut de la pile nouvellement crée. Il en ignorait complètement le sujet et l’aspect usé ainsi que ses écritures manuscrites hésitantes l’intriguait. Aucun titre, aucune illustration ne permettait d’identifier cet ouvrage, et de ce fait, de trouver la place qu’il devait occuper dans les rayons. Ce serait une regrettable perte de temps pour le lendemain et il glissa le livre sous ses vêtements pour l’abriter de la pluie qui aurait raison de lui.

- Je le lirai ce soir…




Chapitre 2
7 d’Astrée de l'an 957 - Ville de Gludin


Steri s'amusait avec ses camarades de jeu habituels dans les rues de la cité. Lorsqu'il vît la porte de la librairie s’ouvrir, il fît un grand geste de la main à l’attention de ses compagnons et vint se tenir aux côtés de son père, le délestant d'une partie de ses affaires.

- Comment s'est passé ta journée, père?
- Fort bien, as-tu acheté ce que je t'avais demandé ?
- Monsieur Lasciar n'avait plus de farine mais sinon tout est à la maison.

Ils continuèrent de marcher dans les rues, où les artisans et marchands fermaient à tour de rôle sous la pluie grossissante. Elle avait poussé les clients chez eux un peu plus tôt que d’habitude. En arrivant à proximité du marché, un soulagement général se dégageait du lieu, la journée avait tout de même été bonne et la place s’arrêtait progressivement pour dormir jusqu’au lendemain matin. Seule la forge, constamment en éveil, pulsant ses vagues de chaleur jusque à l’extérieur de l’atelier du forgeron, tel un coeur irriguant la ville qui ne pouvait s’arrêter au risque de se voir mourir. Certaines rumeurs racontaient que le forgeron était un des plus riches marchands de la ville. En ces temps incertains, où la guerre faisait rage non loin de là, les armées avaient constamment besoin de nouveaux équipements. Une rue plus loin, leur maison les attendait. Un espace raisonnable se trouvant sous les toits au-dessus des entrepôts de la ville permettait à Anvil de concilier espace de vie et atelier, sans pour autant se ruiner en loyer.

Lorsqu’ils franchirent la porte de leur logis, content d’être enfin à l’abris, une grande pièce s’offrait à eux. On pouvait y cuisiner, y manger et s’installer agréablement près de la cheminée. Deux alcôves servaient de petites chambres qui bénéficiaient ainsi également de la chaleur du foyer. Au-dessus, courant sur la moitié de la surface, une grande galerie abritait l’atelier de réparation et rénovation de livres.

Après avoir avalé un repas bien mérité et pris le temps d’échanger les événements de sa journée avec ceux de celle de son fils, Anvil le coucha dans son lit et ne dut même pas lui raconter d’histoire – cette fois-ci – pour qu’il ne s’endorme. Il regagna ensuite le fauteuil situé à côté de la cheminée et n’oublia pas de remettre une petite bûche afin de raviver le feu. La lumière des bougies n’était pas suffisante pour lire confortablement et la pluie s’était mise à tomber de plus belle, annonçant une nuit glacée. Il posa, enfin, cet étrange ouvrage sur ses genoux et l’ouvrit à la première page.




Chapitre 3
8 d’Astrée de l'an 957 - Ville de Gludin


Au début, il dut s’y reprendre à plusieurs fois avant de parvenir à déchiffrer les écrits, pourtant rédigés dans la langue commune, tellement la calligraphie de l’auteur laissait à désirer. Comme si l’on avait essayé d’écrire des notes le plus précisément possible tout en étant pourchassé par la mort. Mais, une fois accoutumé, Anvil se trouva rapidement plongé dans l’ouvrage. Plongeant au coeur de la nuit, alors que la pluie s’était transformée en orage inhabituel à cette saison, il ne put plus arrêter sa lecture.

Ces notes, peut-être écrites de la main tremblante du vieux fou disparu, se disait-il, n’étaient autre que les recherches, notes et mémoires d’un magicien noir. Et c’est dévoré par la curiosité et le sang glacé, que Anvil poursuivit sa lecture.

Les écrits semblait dater de plusieurs décennies. Les quelques indices qu’ils laissaient filtrer correspondaient bien à la ville mais pas dans sa configuration actuelle. Le manuscrit expliquait comment le corps et l’esprit étaient en réalité deux entités distinctes mais aussi et surtout séparables. Qu’un corps sans vie n’était pas forcément condamné à la paralysie éternelle de la mort et que l’esprit pouvait s’enlever, tel une nappe que l’on tire d’un coup sec, sans pour autant que le corps ne s’écroule.

Séparé en plusieurs sections, l’ouvrage documentait aussi bien théories et réflexions que des notes d’expérimentation et de faits morbides. Anvil dut faire une pause et retenir un haut le coeur quand l’auteur expliquait comment, tel une orange sanguine que l’on pèlerait avec un minuscule coutelas, délaisser l’enveloppe superficielle du sujet encore chaud et bâillonné.

- A trop flirter avec la mort, c’est peut-être cela qui a eu raison de lui finalement.

Murmura-t-il pour lui-même, tellement bas, qu’il donnait l’impression de ne pas vouloir éveiller l’esprit qui se cacherait derrière ces lignes.

Le soleil commençait à se lever et à laisser filtrer une lueur libératrice et porteuse d’espoir dans la pièce sombre, où le feu avait fini par mourir. Fatigué de sa lecture qui l’avait tenu éveillé toute la nuit, Anvil fixait le petit trou dans la toiture à demi caché derrière la charpente. Tiraillé entre le risque qu’il courrait à posséder un tel ouvrage blasphématoire et la fortune qu’il représentait s’il arrivait à lui trouver le bon acheteur, Anvil se leva brusquement et rangea le livre en sécurité, tout en haut d’une étagère cachée derrière d’autres manuscrits.

Il n’aimait pas trop quitter sa cité, cela représentait toujours un risque. Mais si le jeu en valait la chandelle ou que sa morale l’exigeait vraiment, il n’hésitait pas à se munir de son épée et à se mettre en chemin. Cette fois-ci, tant pis pour la morale, il comptait bien trouver le moyen de rentabiliser son achat massif de livres avec cet ouvrage douteux mais rarissime.

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Re: [BG Humain] Anvil Acarda

Message par sinh » jeu. 24 septembre 2020 à 18h50




Chapitre 4
6 Blancheterre de l'an 958 - Ville de Gludin


Sous la lueur d'une demis-douzaine de chandelles, point après point, la reliure prenait forme. Anvil cousait des cahiers de papier, les uns après les autres, visiblement très satisfait. Non par l'ouvrage en soi qui prenait forme entre ses mains expertes, mais par ce qu'il représentait. La veille, il avait clos les dernières démarches de la création de la guilde marchande.

Il passa sa main sur l'ouvrage encore vierge. Le cuire encore frais était doux au touché, agréable à l'odeur. Aucun titre n'était encore présent, ni aucune calligraphie apposée à l'intérieur.

- Nous y voilà, il ne reste plus qu'à écrire notre histoire.

Un à un, Anvil opposait les lettrages de la couverture. D'un os poli, il marquait les contours des caractères, puis saupoudra les sillages d'une poudre fine d'argent. Enfin, il chauffa le tout à l'aide d'une petite flamme pour que l'ouvrage reste figé. Sur le manuscrit on pouvait à présent lire les lettres suivantes : V E R N A L I S .

[guilde marchande vernalis]




Chapitre 5
2 d'Astrée de l'an 958 - Ruines de Giran



Anvil divaguait et ne marchait pas vraiment droit. Descendant deux marches en titubant il finit par s'asseoir faute de pouvoir se mouvoir d'avantage. Son esprit semblait jongler avec ses pensées. Il entendait qu'on lui parlait mais ne comprenait pas, il voyait des images mais ne saisissait pas, comme s'il était, au milieux de tous, seul au monde. Ils avaient gagné, ça il en était sûr. Giran était à nouveau libre. Mais quelque-chose n'allait pas, il ne comprenait pas.

L'odeur du sang mélangée à l'acier lui monta soudainement au nez, le frappant d'un coup, comme si on le tirait du sommeil à l'aide d'un seau d'eau glacée. Autour de lui, il voyait maintenant ses frères et sœurs d'arme se reposant sur les marchés de la grand place, près de lui. Certains semblaient légèrement blessé. Un spasme le renversa en arrière. Divaguant à nouveau, il se sentait comme déchiré. Dans sa semi-conscience, il lui semblait que le ciel était lacéré d'une balafre noire. Il émergea puis rechuta à plusieurs reprises. A l'instant pris en charge par ses compagnons, l'instant suivant à nouveau seul au monde. Son esprit jonglait toujours furieusement. Altérant entre réel et irréel, la seule constante était cette faille, tellement sombre qu'elle semblait vouloir l'engloutir.

Des bribes incompréhensibles lui parvenaient, des phrases n'ayant probablement pas réussi à franchir indemne la barrière invisible qui semblait l'isoler du reste du monde. Il ne comprenait pas, mais maintenant plus rien, pas même la douleur aigue qu'il commençait à ressentir sur son flanc ne parvenait à le détourner du ciel, comme lui, meurtri.

- ... ciel ... déchirure ... ténèbres ...
- Shhhhhhh, on va s'occuper de toi ...

On lui retirait des pièces d'armure. Il sentit un main apaisante se poser sur sa joue, sentit, se faire emporter, puis le néant l'envahir, le néant puis un froid glaciale l'envelopper, le froid et puis plus rien...
Dernière modification par sinh le ven. 2 octobre 2020 à 13h23, modifié 1 fois.

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Re: [BG Humain] Anvil Acarda

Message par sinh » ven. 2 octobre 2020 à 13h13




Chapitre 6
Vertefeuille - Tombeglace de l'an 958 - Ville de Gludin



Il faisait chaud, brûlant même, le froid perçant avait laissé place aux vagues de chaleur de l’été. Des gouttes de sueurs ruisselaient sur le visage endormis mais grimaçant d'Anvil. La grande pièce de son logement, au centre de Gludin, était étouffante, comme si l’on avait enlevé à l’air sa légèreté et qu’elle avait été remplacée par une poix oppressante. Anvil semblait se débattre, aux prises avec des démons redoutables fruit d’en son subconscient en détresse. Ce n’était pas tant la chaleur saisonnière qui le torturait, ça il en avait l’habitude, mais bien son esprit incapable de trouver le calme. 

Cela faisait quelques temps maintenant qu’il avait vaincu le gel qui l’eut transpercé à Giran, quelques temps qu’il avait échappé à la fin de toutes choses. Contre toutes attentes il avait remporté les longues négociations avec la mort. La Mort qu’il considérait maintenant comme une amie, à force de l’avoir côtoyée si longtemps. Tant d'échanges, de compromis, de victoires, tantôt pour lui, tantôt pour Elle... Ils ne s'étaient pas quittés un instant, flirtant longuement l’un avec l’autre. Aucun ne parvint à prendre le dessus de manière franche et définitive, si bien qu’ils finirent par trouver un compromis; Anvil vivrait mais un bout de son âme serait à Elle, aussi longtemps qu’il respirerait. 

Il sursauta, prenant une grande inspiration paniquée comme s’il venait d’avoir été retenu en apnée que trop longtemps. Anvil s’assit sur le bord de son lit. Il ne les avait pas quitté, ni son lit, ni son logis, des mois durant, le temps que dura sa convalescence qui ne serait jamais tout à fait achevée. Son flanc, meurtri par une cicatrice encore bien trop jeune pour être oubliée, le lança violemment. Pas une nuit ne passait sans qu’il eut l’impression de se reposer, de pouvoir baisser sa garde. Bien que son combat, son accord avec la Mort ne fut que la matérialisation psychique de sa dépression et son traumatisme, Elle était, pour Anvil, bien réel.

Définitivement épargné, alors qu'il eu pu reprendre le coût de sa vie progressivement, Anvil se terra chez lui, envoyant son fils faire le nécessaire à l'extérieur. Il passa ses journées entre son lit et sa bibliothèque où il avait fait remplacé les livres communs d’histoire par des ouvrages d'un contenu plus sombres. Il étudia tout ce qu’il put trouver sur la mort et la magie noir. Réalisant avec persévérance, expérience et incantation, sa maîtrise en la matière grandit et s’affirma peut à peut. Il était encore loin d’en comprendre l’intégralité, mais Anvil avait lu et relu l’ouvrage poussiéreux de nécrologie qu’il avait presque oublié dans le fond de sa bibliothèque. Sa faible maîtrise de la magie ne lui permettait cependant pas de réaliser de telles incantations, pas encore... Il avait bien essayé sur de petits rats, mais en vain et il du se résigner à de plus simples sorts. Plus ses recherches avançaient, plus il semblait se noyer dans la noirceur de son âme qui ne lui appartenait plus entièrement.

Bien que son existence semblait figée dans le temps, à l'extérieur, les jours, les semaines et les mois passèrent les uns après les autres. Anvil ne le voyait pas mais son isolements prolongé l’avait changé physiquement. Ses yeux rougis par la fatigue des lectures incessantes contrastaient maintenant avec le noir de ses cernes. L’automne passé, les nuits se prolongeant jour après jours jusqu’au cœur de l’hiver, Anvil se risqua enfin de sortir à nouveau. La Mort pour alliée, il s'était promis de ne plus jamais tomber de la sorte. 

[subclass dark-avengers]

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