Blanche de Beauvallon

Ici se trouvent les BGs des héros décédés, paix à leurs âmes.

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Blanche de Beauvallon

Message par Odia » lun. 1 mars 2010 à 07h54

Dans la demeure, un cri de nourrisson raisonne. Premier cri, premier pleur, face à ce nouveau monde qui s’offre à ce petit être. Mylène, l’heureuse mais épuisée mère tend les bras vers son nouvel enfant que la sage femme vient de succinctement laver et emmailloter. Elle est belle. Déjà le regard aimant et protecteur de sa mère la calme, adoucissant ses peines. Emilion, son père, est proche de son épouse, venant la serrer dans ses bras avec leur nouvel enfant, leur troisième fille. Ainsi est née Blanche, comme cette nuit à l’hiver exceptionnellement enneigé sur ces terres environnantes de Gludin, les terres de la famille de Beauvallon. Haute dans le ciel, la lune était présente, veillant déjà sur le repos de cette nouvelle vie fraichement éclose.
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Troisième fille, mais cinquième enfant. Deux frères également, plus âgés qu’elle. Elle fut la dernière. Au tempérament doux et calme, Blanche bénéficia d’une vie privilégiée, loin de toutes peines et contraintes en dehors de son éducation. Pour certains, elle pourrait paraitre réservée. Mais bien vite, ils peuvent se rendre compte qu’il n’en est rien, restant simplement discrète et attentive, écoutant et observant, n’intervenant que si nécessaire.
Son éducation suivit les nécessités du statut de sa famille. Elle apprit à lire et à écrire dès qu’elle fut en âge de le faire, à se tenir en société, à monter à cheval, à tenir sa place là où elle était attendue.
Ce qui fut cependant une de ses particularités revient à son précepteur. Celui ayant suivit ses ainés ne pouvant s’occuper de son éducation du fait de son âge avancé, ce fut un elfe qui la prit en charge. Connaissance de la famille, il avait accepté de s’occuper de son enseignement, lui apprenant certaines choses de la vie, mais surtout, suite à la curiosité insatiable de Blanche, à lire, écrire et parler l’elfique.

Son enfance fut donc calme et placide. Ses parents présents lui donnèrent l’attention que leur permettaient leurs activités mondaines. Aimants, ils répondirent à ses moindres demandes, d’autant aisément plus qu’elles étaient rares et raisonnables.
Son précepteur resta auprès d’elle jusqu’à sa seizième année. Par la suite, Blanche dut quitter la demeure familiale. Fervents fidèles d’Einhasad, du moins, de notoriété publique, Mylène et Emilion avaient décidé d’offrir leur cadette au culte de la Très Sainte Mère. C’est lorsqu’elle fut en âge d’apprendre et de comprendre sa destiné qu’elle partit pour le Temple de Gludin, rejoignant l’Ordre des prêtres et prêtresse, commençant ainsi sa formation au service de la déesse.
La séparation ne fut pas des plus aisée. Intérieurement, Blanche était attachée à sa famille, même si elle comprenait et ressentait l’honneur d’un tel choix et d’une telle vocation. Elle prit donc sur elle, et se lança corps et âme dans cette nouvelle vie tournée vers les autres et vers Einhasad.

Elle resta deux années au service du Temple, commençant à recevoir l’enseignement des soins principalement. Herboristerie, pharmacopée, soins traditionnels, elle aidait les guérisseurs, apprenant la théorie et pratiquant auprès d’eux, les observant, affinant ses connaissances. Le reste de son temps était partagé entre la théologie et la découverte de la bibliothèque du Temple.
Ce fut bien cette dernière qu’elle apprécia sans doute le plus et qui lui permit de mieux s’adapter. Une soif de connaissance s’était développée face à l’immensité -du moins à ses yeux- des connaissances présentes dans ses livres si soigneusement rangés et classifiés. Ce fut sans doute inconsciemment un échappatoire pour mieux vivre cette séparation. Mais elle passait le plus clair de son temps libre à la bibliothèque, parcourant livres et parchemins. Ils traitaient principalement d’Einhasad, de témoignages de prêtres et prêtresses passés, de soin, de théologie. Quelques rares écrits parlaient des terres de son pays qu’elle ne connaissait finalement pas, tous ceux-ci furent lus et relus.

Elle serait restée probablement quelques années supplémentaires au Temple de Gludin, voire même quelques décennies, si un évènement tragique n’était survenu. Sans crier gare, la cité se trouva assiégée puis envahie. Arrivés par la mer, plusieurs navires pirates accostèrent et prirent le port, puis la cité. L’alerte fut donnée, mais bien tardivement. Le Temple fut en partie évacué afin de mettre en lieu sûr les malades et blessés qui y étaient. Encore jeune novice, Blanche fit partie de ceux qui les menèrent. Elle se retrouva finalement à Giran, capitale royale, avec les réfugiés apeurés et désespérés. Rejoignant le Temple, elle y resta au service du culte, aidant de son mieux en cette période de trouble.
Celui-ci était plus imposant, plus grand. Sa structure interne était différente également, de même que l’ambiance qui y régnait, moins provinciale.
Blanche resta sans nouvelle de sa famille, ne sachant dire s’ils étaient menacés par ce qu’elle apprit être plus tard les Marins. Elle n’avait pu qu’entrapercevoir leur chef sur place, reconnaissable à son charisme et à l’arme imposante et scintillante qu’il portait. Le peu qu’elle avait pu voir montrait une sauvagerie sans égal, à glacer le sang.
Elle angoissait intérieurement, bien que cherchant à étouffer ce sentiment qui ne lui apporterait rien de bon, détournant simplement son esprit des tâches qu’elle devait accomplir.
Les premiers temps furent chaotiques, le Temple devant se réorganiser et subvenir aux nécessités en soins et logements des réfugiés, d’autant plus accablés par ce froid incroyablement présent. Puis les évènements se calmèrent petit à petit, une nouvelle organisation prenant place, un nouveau rythme de vie. Elle avait à faire, elle n’était pas démunie, mais elle se sentait seule, presque vide parfois. Elle trouvait dans l’aide aux autres un réconfort certain, mais un trou s’était creusé en elle, un vide, un espace insondable, dont elle n’arrivait à déterminer précisément l’origine. Elle n’en montra rien cependant, ne pouvant, et ne voulant, laisser percevoir cette faiblesse. Prenant sur elle, elle chercha à la comprendre, à la combler, essayant d’elle-même à combattre ce malaise qui l’envahissait insidieusement, mais irrémédiablement.
Dernière modification par Odia le ven. 4 mai 2012 à 00h44, modifié 5 fois.

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Re: Blanche de Beauvallon

Message par Odia » mer. 3 mars 2010 à 11h53

Blanche venait d’arriver sur Giran. Les premiers temps passèrent à une vitesse folle. L’urgence de la situation maintenait le Temple en pleine activité de manière quasi constante. Une chambre lui avait été donnée. Bien que le terme de cellule conviendrait mieux à sa définition. Juste le nécessaire, sans fioriture. Lieu de repos, il n’avait besoin d’être grand. Cela ne la dérangeait pas outre mesure. Ses affaires étaient restreintes. Elle n’en avait jamais eu beaucoup, et l’évacuation d’urgence ne lui avait pas permis de prendre le peu qu’elle avait avec elle. Elle n’y passait en outre que peu de temps.

Mais bientôt, l’activité se fit routine. L’organisation s’installa avec plus de précision et d’efficacité, lui offrant ainsi un peu de temps. Son enseignement théologique n’avait pas encore repris, la priorité étant donnée au service de soin et aux besoins des fidèles. Elle en profita donc pour sortir du Temple et découvrir cette nouvelle cité qui s’offrait à elle.
En peu de temps, elle fit quelques rencontres pour le moins intéressantes. Sombre philosophe, mage invocateur, chevalier en perdition, enfant elfe et quelques autres encore. Décidément, cette cité offrait bien des surprises. Il était visible qu’elle ne se situait plus en province, et le rayonnement royal de la cité se faisait ressentir jusque dans la qualité et l’éducation de ses habitants, ou du moins visiteurs.
Elle fit la connaissance notamment d’un chevalier pour le moins agréable et intéressant. Elle passa quelques heures en sa compagnie, en ressentit une chaleur nouvelle et presque étrange. L’agréable sensation d’être appréciée, de provoquer de l’intérêt, de la sympathie.

Mais la plus étrange d’entre toute fut sans conteste celle de cette noble Dame à la longue robe noire. Parties d’une simple discussion, elles échangèrent sur la théologie, puis la philosophie. Intéressante, vive et même… intrigante. Elle avait su éveiller en la jeune fille une certaine curiosité, sans doute en mal de satiété depuis son départ de Gludin et de sa bibliothèque.
Elle n’avait vu aucune objection à accepter son invitation à poursuivre la discussion chez elle. Bien que la mention de Gludin comme lieu de destination l’avait étonnée et quelque peu effrayée, elle avait décidé de la suivre sans trop savoir ce qui la poussait à aller contre le chuchotement de prudence que lui murmurait son esprit.

La demeure, hors de la cité était agréable, agencée et décorée avec gout. Son interlocutrice avait un quelque chose qu’elle n’identifia que plus tard comme étant de fascinant. En grande partie grâce à son précepteur elfe, Blanche avait acquis une certaine ouverture d’esprit, lui permettant de discuter de choses peu conventionnelles sans se braquer, analysant, en tirant ses propres conclusions et enseignements.
Mais ce qu’elle vit, ce qu’elle entendit, ce qu’elle… ressentit… Fut au-delà de tout ce qu’elle aurait pu croire ou imaginer, mettant à mal certaines de ses plus profondes convictions. Face à elle s’ouvrait un monde, une réalité qu’elle avait du mal à concevoir, à appréhender. Mais elle ne pouvait le nier, elle ne pouvait se détourner l’air de rien, ou rejeter tout, par principe. Les allusions étaient là, des éléments passés auxquels elle n’avait réellement prêté attention au premier abord venaient contredire ses réticences naturelles face à l’inconnu et l’improbable. Et elle était là, charismatique, patiente, attentive, cherchant à jouer avec les pensées de Blanche, à l’amener à la réflexion et au questionnement, à attiser sa curiosité malgré cette appréhension intestine… Elle aurait pu la forcer. Elle aurait pu lui imposer. Elle était certaine qu’elle n’aurait rien pu y faire, et que le ressenti n’en aurait pas été altéré pour autant. Y repenser suffisait en soi à provoquer des frissons.
Ce fut… Indescriptible… Hors de toute imagination, de toute conception… Une extase embrasant le corps, figeant l’esprit, inhibant toute peur… Submergée d’un plaisir si subtile et puissant à la fois… Mélange de feu et de glace en une sensuelle étreinte naissant d’un lieu pour se répandre dans tout le corps en une onde incontrôlée, balayant tout sur son passage… Coupant le souffle… Vibrant un peu plus à chaque seconde écoulée qui se diluait dans ce bain de bonheur et d’exaltation, affolant le cœur, chahutant l’inspiration, pour ne laisser qu’un être pantelant et heureux de cet abandon… De ce don de soi…
Le retour à la réalité n’en était que plus dur après la vision sur cette fenêtre du plaisir à l’état pur. Etrangement, ses mots, ses dires, prirent une autre dimension, une autre substance. De nouveau, elle se rendit compte à quel point elle avait été démunie et vulnérable en cet instant, et comment elle lui avait laissé bien plus qu’elle était en mesure de prendre si elle avait réellement voulu lui nuire. Ce furent ces éléments qui principalement la convainquirent. Car au-delà de la réflexion, de l’esprit mis à mal, des conceptions enseignées bafouées, il y avait cette volonté de démontrer et prouver qu’autre chose existait, et qu’il n’était pas aussi mystifié que le laissait à penser la croyance populaire. Il y avait autre chose, une autre réalité, un autre point de vue. Elle n’avait toujours été qu’à un seul et unique lieu pour regarder ce qui l’entourait. Et maintenant, une autre colline lui était proposée, ni plus belle, ni plus verte, simplement différente, simplement… Fascinante.
Sa curiosité avait été mise à mal, chamboulée et exultée. Mais autre chose encore, plus profond, plus insidieux, qu’elle n’aperçue tout de suite, poussait son être entier à accepter, et à désirer davantage. Quelque chose de plus subtile, de plus profond, sans doute invisible aux yeux de tous, et pourtant… Tellement fondamental.
C’est sans doute pour cela que lorsqu’elle la rencontra de nouveau, lorsqu’elles discutèrent au bord du lac, elle lui avoua son intérêt, son désir de découverte.
C’est sans doute pour cela aussi que lorsqu’elle lui énonça le prix exorbitant et inconcevable de ce savoir, de cette découverte, elle n’hésita qu’un instant avant de l’accepter sereinement et pleinement consciente des conséquences de sa décision.
C’est sans doute pour cela enfin qu’elle bravait les interdits, s’engageait sur les chemins désavoués que ses pairs condamnaient du haut de leur lumineuse vérité et de leur inébranlable intégrité.
Elle ne pourrait reculer, elle le savait. Elle pourrait y laisser la vie, elle le savait aussi malgré sa spécificité qui la rendrait peut-être précieuse à leurs yeux. Mais elle le faisait le cœur léger, sans contrainte, sans remord, convaincue qu’enfin, elle y trouverait ce qui lui laisserait l’impression d’être pleine et entière, accomplie, celle qu’elle n’avait jamais réellement réussi à être jusqu’à ce jour.

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Re: Blanche de Beauvallon

Message par Odia » ven. 5 mars 2010 à 09h06

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Le cuir serrait ma peau. Sensation étrange que celle-ci. Le sommeil me fuyait. Les pensées se bousculaient. Couchée, je n’en restais pas moins des plus éveillée en ce lieu qui était devenu en quelques instants ma nouvelle demeure.
Les évènements passés tourbillonnaient dans mon esprit chamboulé. Chaque mot, chaque évènement y étaient clairement gravés, donnant parfois une sensation de tournis.
Je savais pourquoi j’étais partie. Je savais pourquoi j’avais décidé de la suivre, pourquoi j’avais répondu ce « oui » sans retour. Et rien ne me faisait le regretter. Mais les changements se faisaient radicaux. Même si j’étais bien consciente que d’une certaine manière, elle me ménageait et s’adaptait à mon rythme, il n’en restait pas moins fulgurant après ces années de calme routinier.
Elle m’avait demandé s’il s’agissait d’amour. Bien que je ne sois pas certaine d’en concevoir totalement les sensations, j’étais persuadée que non. Mais ce qu’il en était réellement n’était sans doute pas beaucoup mieux. La fascination, mêlée à la curiosité piquée à vif. Oui, c’est cela je pense qu’elle avait perçu sans le définir totalement. Cette porte ouverte vers ce chemin de traverse, coloré, animé, comparé à la froide et ennuyeuse route directrice. C’est cela qui m’avait décidé.
Je ne voulais pas de cette destinée toute tracée. Du moins, je ne le voulais plus, maintenant que s’ouvrait à moi cette nouvelle possibilité.
Feu de paille ? Illusion ? Chimère ? Cela pouvait être possible oui. Et ce morceau de cuir pouvait être le symbole même d’une profonde duperie. Mais à bien y penser, cela me convenait, me conviendrait. J’avais du mal à définir cette pensée, cette impression, cette sensation. Elle relevait plus de la foi profonde et insaisissable que de la logique raisonnée et implacable.
Et tout commençait ici, à ce choix personnel et sans contrainte. Avec lui, l’abandon d’une partie de moi.
« Mourir pour mieux renaitre »
Je n’étais certes pas morte, mais mon ancienne vie l’était irrémédiablement, laissant ainsi la place à une autre, différente.
Perdre ses repères. Se laisser guider. En trouver d’autres. Nouveaux. Surprenants.
Faire face à ces sensations insoupçonnées. A ses émotions surprenantes, déroutantes.
Avoir l’impression de réapprendre à vivre. De redécouvrir le monde avec des yeux nouveaux.
Une personne saine d’esprit aurait sans aucun doute été terrifiée, aurait fuit même certaines évidences, afin de se protéger. Et moi, je m’y précipitais, m’y engouffrais, certe retenue par quelques appréhensions conventionnelles… Mais si peu… Et le plus déroutant, est le fait que j’y trouvais une sorte de… d’excitation, de plaisir, de renouveau…
Me l’avouer était d’autant plus troublant. Me rendre compte à quel point je pouvais aller loin dans ce don de moi était… déroutant.
Était-ce cela que l’on pouvait appeler de la possession ? Ce contre quoi les prêtres et prêtresses m’étaient en garde ?
Qu’importe. Que cela le soit ou non ne changerait rien. Je trouvais enfin une part de moi-même perdue. Je parvenais enfin à percevoir, à toucher du doigt, ce qui me rendait creuse et sans flamme, sans saveur. Je parvenais enfin à obtenir cette reconnaissance, cet intérêt. Enfin, je sortais de ma transparence, je prenais forme. Oui… Prendre forme. La forme était certes particulière, discutable, mais elle restait de mon choix, de mon désir, et avait commencé par mon abandon.
Je m’étais toujours donnée auparavant. Donnée au Temple, à la déesse, aux personnes dans la nécessité. Cela m’avait apporté, mais si peu, si faiblement.
Maintenant, je me donnais bien plus encore, différemment, à une seule au lieu de tous, mais je recevais bien davantage, et je savais que ce n’était qu’un début.
Mon corps était serein, mon sang était chaud, et mes pensées s’apaisaient face à cette prise de conscience. Doucement je me sentais glisser dans le sommeil, emportée avec douceur.
Les prochains jours seraient riches en enseignement, et j’avais soif de le recevoir, même si pour cela, je devais y perdre ma liberté... auant de corps... que d’esprit.

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