[BGHumain] Alpos

Ici se trouvent les BGs des héros décédés, paix à leurs âmes.

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[BGHumain] Alpos

Message par Sendo » sam. 9 avril 2011 à 01h04

Nom : Dwiev.
Prénom : Alpos ― Hectör
Age : Environ une trentaine d'années.
Sexe : Mâle.
Race : Humain.
Classe : Hell Knight.

Croyances : Gran Kain.
Langues parlées : Commun.
Description physique : Un grand rouquin aux épaules larges et aux bras conséquents se tient devant vous. Ses yeux d'un gris sombre vous toisent avec tout le mépris que pourrait accumuler le plus odieux des Humains. Une fine balafre en travers de son œil gauche termine votre opinion : voici une belle tête à claques.

Autres (particularités) : Souvent accompagné de son espèce de panthère qu'il tient en laisse courte ou non, des plaques de métal ornent et protègent l'animal ; ses incisives semblent faites pour tailler la chair.
Dernière modification par Sendo le sam. 9 avril 2011 à 16h35, modifié 3 fois.

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Re: [BGHumain] Alpos

Message par Sendo » sam. 9 avril 2011 à 15h44

I. On peut fonder des empires glorieux sur le crime, et de nobles religions sur l'imposture.


Un faisceau de lumière me frappe en plein visage ; les rideaux ont été tiré par la gouvernante sans aucune délicatesse. Je me retourne en conséquence, maugréant, tirant les couvertures sur mon visage.

Dans l'obscurité, je me remémore qui je suis avant de m'éveiller pleinement pour la jeune femme qui croit dévouer sa vie à celui que je ne suis pas.

« Bonjour Mon Seigneur. Avez-vous apprécié votre nuit ? »

Depuis maintenant trois mois, je suis Son Seigneur. Seigneur Alpos Diew, fils de Caord Diew, petit-fils d'Edale Diew. Ma lame et ma vie ne servent qu'à éclairer les méandres du continent de la Lumière de l'Étincelante.

Quelle vaine j'ai eu, en y repensant. — Mes yeux se posent sur celle qui me rappelle qui je suis réellement, la lumière ne l'atteint pas, elle ; son pelage se soulève doucement, elle veille sur le Chaos.

« Comment va mon Père, ce matin ? »

Depuis trois mois la réponse à ma question se fait de plus en plus sombre, mon manque de tristesse est excusé aux yeux de mes gens par ma grande force : je suis le fils prodigue, de retour de croisade, mes yeux ont vu plus d'horreurs qu'ils ne peuvent l'imaginer.
Parti étranger à mon père, je lui suis revenu de même ; aussi nous avons appris à nous connaître comme j'ai appris à connaître son fils, celui dont j'ai volé la place sciemment, geste dont je me félicite chaque jour alors que la lumière foudroie mes paupières clauses quand elle effleure celles que j'ai scellées.

La Famille Diew était la couverture rêvée pour Ceux de Mon espèce; le Père me les a servi tout enrobés de sauce.

Alors que les choses remuaient pour Nous, je faisais la rencontre fortuite d'Alpos Diew, un jour de printemps, notre ressemblance nous avait troublés ; à quelques détails près, j'étais lui et il était moi. Il lançait quelques blagues, qui ne tardèrent pas à éveiller tous mes intérêts. J'en fis mon ami, il fit de moi son frère.

Il se préparait à partir en croisade pour le compte du Temple d'Einhasad d'Althéna à qui il avait voué allégeance. Apparemment, le clergé de l'île avait estimé qu'il était temps de remettre leurs absurdités en route. Je me proposai d'être son compagnon d'arme, ce qu'il accepta dans toute sa bonté et sa foi en l'Humanité.
Au fil des champs de bataille, je fus surpris de constater à quel point sa foi le poussait et combien sa force en était décuplée. Il aurait été un très bon élément parmi Nous.

Sournoisement, j'insinuai quelques questions alors que l'atmosphère s'y prêtait ; croyait-il réellement que nous fûmes l'œuvre de cette Déesse quand nous étions capables de nous entretuer des manières les plus sanglantes qu'il soit, quand nous pouvions n'être guidés que par notre passion, notre rage, notre cœur ?
Espérait-il que la Lumière soit meilleure que l'Ombre, puisque tout n'est que question de point de vue ?

Un sourire doux se dessinait sur ses lèvres et ses yeux se remplissaient de compassion pour l'âme tourmentée que j'étais. Sa réponse était là. Peut-être n'était-il pas entièrement dupe de ma personnalité, j'ai cru déceler cela dans son regard dans les derniers instants de sa vie, un regard de déception … Déception d'avoir été trahi, mais aussi résignation, car c'était là ma nature.

Une fois mon dessein accompli j'échangeai nos armures, nos montures, nos paquetages et m'exposai à la lumière. Pour aucun des combattants, elle ne fut révélatrice. Et c'est ainsi que je regagnai le domaine familial après plusieurs années d'absence ; une blessure à la tête pour excuse de retour mais aussi pour mon amnésie concernant certains aspects de mon passé et ma nouvelle humeur taciturne.

La vie se fit douce, je trouvai un veuf chaleureux, une sœur mariée et absente, et quatre domestiques peu soupçonneux, hormis peut-être cette gouvernante qui semblait toujours espérer quelque chose de moi dans un coin, qui m'accordait mille soins à l'exception du réveil ; bien que ses manières s'adoucirent toujours lorsque je daignai la regarder partiellement aveuglé.

Trois mois passèrent ainsi et le quatrième annonçait mon ascension sur les maigres terres que la famille possédait. Leur bonté était un puits sans fond, si bien que les caisses rentières passées se vidaient lentement mais sûrement pour telle ou telle famille voisine nécessiteuse ou connaissant un événement heureux … Tout était prétexte au don, car disait-on « on n'emporterait rien dans la tombe ».
Intérieurement, je me promis de redresser progressivement la situation : les fonds pouvaient servir au Père.
Le Père qui avait été si attentionné pour moi. Cependant pardonnerait-il ma paresse actuelle ? Trois mois que je me glisse dans la peau d'Alpos, que je prie et pourfends pour la Lumière.
Mais que puis-je faire d'autre quand Nous nous sommes tous retirés dans nos terriers comme des hases faibles et engrossées d'un mal dont elles ne se libèreront jamais ?
Qui est vivant ? Qui est mort ? Qui reste ? Qui abandonne ?

Les oreilles du félin se dressent. Oui.
Nous nous veillons, pour que le Crépuscule demeure et qu'enfin il laisse place à sa Sombre mère, la Nuit.

Je fermai les yeux une dernière fois avant de quitter la chaleur des couvertures : je ne suis pas Alpos Diew, fils de Caord Diew, petit fils d'Edale Diew ; mais, un Imposteur.

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