[BG Humain] Aërya Kluzs.

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Aërya Kluzs

[BG Humain] Aërya Kluzs.

Message par Shimy » lun. 1 juin 2020 à 23h45

۞



Nom : Kluzs.
Prénom : Aërya.
Age : 23 ans.
Sexe : Féminin.
Race : Humaine.
Métier : Eleveuse de montures de guerre.
Capacités : Maîtrise la lance.



Spoiler:
Nom : Kluzs
Prénom : Aërya
Titre : Aucun
Age : 23 ans
Sexe : Féminin
Race : Humaine
Métier : Eleveuse de montures de guerre
Compétences :
  • Combat : Maîtrise la lance
  • Magie : Nécromancie, soins (vétérinaires)

Métamorphoses :
Alignement : Neutre mauvais
Guilde : Sans
Faction : Sans
Langues parlées : Commun
Caractère : Taciturne
Situation financière : Bonne
Comportement social : Marchande
Type d’éducation reçue : Moyenne
Popularité et/ou influence : Elevage connu, influence importante
Pensée politique : Peu intéressée, tant que l'élevage fonctionne.
Croyances :
  • Einhasad : Méprisée
  • Gran Kain : Prié
  • Eva : Ignorée
  • Shilen : Reconnue
  • Sahya : Reconnue
  • Pa’agrio : Reconnu
  • Maphr : Reconnue

Relations extérieures :
Toutes cordiales.


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Description : Aërya est une femme plutôt jeune, au visage doux mais néanmoins marqué par le temps. Son teint hâlé souligne sûrement un travail extérieur et manuel récurrent. De même, ses mains, même si fines et allongées, présentent des signes d’usures tels que de légères coupures et cicatrices.
Ses cheveux sont d'un roux flamboyant, long et souvent détachés. Elle les noue pour combattre, en une petite queue tenue par plusieurs rubans plus ou moins usés. Cette cascade de lave entoure un visage où brillent des yeux métalliques. Cette couleur de fer est mémorable pour tous ceux sur lesquels la jeune femme pose son regard, comparable à celui d'un faucon.

Elle est de taille moyenne, et finement musclée — particulièrement au niveau des bras. Deux runes dédiées au saint Père sont tatouées sur sa malléole gauche ; celle de la bravoure et celle de la sagesse.
Généralement, elle porte des vêtements de cuir simples et confortables, dans les tons chauds, ce qui lui permet de rester toujours discrète. Plutôt antipathique, l'on entendra sa voix essentiellement pour marchander.
Dernière modification par Shimy le mer. 12 août 2020 à 20h10, modifié 2 fois.
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Re: [BG Humain] Aërya Kluzs.

Message par Shimy » lun. 1 juin 2020 à 23h50


ISentence.

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Elle posait un regard incisif et satisfait sur l'enfant larmoyant devant elle. Il était accroupi, dans le coin de cette ruelle sombre éclairée uniquement par le croissant de lune pourpre de cette nuit sans nuage. L'odeur caractéristique de la mousse venait appuyer l'ambiance sordide qui régnait dans ce village d'où aucune lumière n'échappait des fenêtres. Elle était enfin parvenue à attraper celui qui, depuis plusieurs semaines, volait le grain des juments de son élevage. Le visage bouffi par les sanglots, la respiration saccadée, il se tenait assis et renfrogné, tentant vainement de faire glisser ses jambes devant lui, comme si le mur sur lequel il s'appuyait allait finalement le laisser passer.

« Les voleurs, on leur coupe la main », — murmura l'ombre aux cheveux auburn, alors qu'elle s'était dangereusement rapprochée du visage du petit ravisseur.

Il serra les poings, mais cela n’empêcha pas les longs doigts osseux de la femme d'étreindre les deux petits poignets. Elle enfonça ses ongles dans la chair juvénile des avant-bras du garçon, comme pour l'entendre gémir davantage. Tandis que les nuages recouvraient peu à peu le ciel, et l’obscurité se faisait de plus en plus dense, elle s'approcha un peu plus de l'oreille du gamin, pétrifié par la peur. Par cette proximité, elle pouvait sentir le souffle haché et humide dans son cou. Un sourire placide se dessina sur le visage de la silhouette aux boucles acajou.


« Ce soir, je ne te prendrais que deux doigts, mais prends garde, on coupe aussi la langue de ceux qui rapportent. »

La phrase n'avait pas encore été achevée qu'elle plaqua sa main sur la bouche de l'enfant, humidifiée par les larmes et les sanglots, pour étouffer le cri qu’il fit lorsqu'elle lui trancha l’index et le majeur de la main droite. Une coupure nette. Chirurgicale. Professionnelle.
Une fraîche brise se leva soudain de l'océan et repoussa la brume vers la côte. Un mince filet grisâtre s'enroulait autour des maisons, en parcourant le dédale des petites rues désertes. La brise, quant à elle, se mit à jouer avec les mèches brunes du jeune garçon à peine entré dans l'adolescence qui se tenait à présent la main mutilée, posant sur cette dernière un regard rempli d'effroi.
Il pleurait, toujours. Les larmes roulaient sur ses joues en torrent. L'ombre se déploya enfin, ses vêtements moites parsemés de tâches de sang. Sans lui adresser un mot de plus, elle tourna les talons ; laissant l'estropié accroupi dans le coin de deux maisons en pierre, humidifiées par la saison des pluies et partiellement recouvertes de mousse.
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Une forte averse avait débuté à son retour aux écuries de l'élevage familial. Pressant le pas sans véritablement courir, elle avançait vers les boxes d’où sortaient des hennissements alarmants. La jument de son jeune frère allait vraisemblablement mettre bas. Les pieds et le bas de ses chausses couverts de boue, les cheveux collés au visage, elle ouvrit la porte de la stalle sur un jeune poulain déjà de ce monde, et deux hommes aux côtés de la nouvelle mère et son petit.
Elle n'avait pas besoin de plus de luminosité pour deviner le regard noir qu’ils avaient posé sur elle. Les gouttes perlaient encore devant ses yeux à l'éclat métallique, et il était aisé de déduire que les tâches sur ses mains étaient du sang à peine séché ; mais le regard caustique de la silhouette au manteau encore dégoulinant était fixé sur le jeune étalon noir à peine visible à cause de l’obscurité qui avait plongé l'écurie dans une opacité ténébreuse.
L'homme le plus âgé se redressa dans un mouvement lent et se dirigea vers la sortie. Il bouscula sa fille en passant, et siffla entre ses dents :

« Sers-Le comme il se doit, sers-Le bien. Mais n’oublie pas quelques priorités qui nous permettent de vivre. »

Il s'immobilisa dans l'encadrement des massives doubles portes de l'écurie, comme attendant une excuse. Après un long instant, et le bruit du vent pour seule réponse, il disparut enfin sous les trombes d’eau qui continuaient à tomber au dehors. Il faisait extrêmement sombre ; l’atmosphère était lourde, pesante, et le bruit assourdissant que produisaient les gouttes sur les toits donnait l'impression qu'une pluie de hallebarde ravageait les écuries. La femme se débarrassa de son manteau ruisselant mais restait debout à observer la scène du jeune homme restant dans la paille avec les deux équidés, soudain prise d'une langueur inhabituelle.
Les relations qu'ils entretenaient n'étaient pas excellentes, mais elles n’étaient pas tumultueuses non plus. Ils auraient pu être au même niveau, mais elle savait qu'Orro aurait toujours les faveurs de ses « parents » : Lui était de leur sang, de leur chair, de leurs entrailles. Ils dressaient ensemble les futures montures de guerre de l'entreprise familiale et s'occupaient de les vendre à travers le pays.
Son jeune frère Orro s’était un jour attaché à l’une des juments qu’il dressait, et il l’a finalement gardée. C'était d'elle dont il s'occupait, ce soir. Une jument à la robe isabelle, avec son caractère ; nerveuse mais courageuse. Comme les runes tatouées sur l'épaule de son frère. Le souvenir du Rituel qu'il avait passé la ramena au sien.
C’était il y a treize années de cela ; avant la chute de Giran. Avant même la chute d'Aden.



IILe pacte.

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Elle avait dix ans. Son frère, de trois ans son cadet, assistait au rite. Et c’est seule et sous ses yeux qu'elle s'était faite baptiser, après avoir prêté allégeance devant la Grande Prêtresse et le Père. Elle avait gardé cette douleur et cette fierté au plus profond d'elle. Cette rune, qui lui avait été faite, ce cri qu'elle avait retenu devant ses parents adoptifs et son jeune frère, pour leur prouver sa bravoure. Pour ne pas être « La plus faible des deux », lorsque les paroles des prêtresses furent prononcées afin de marquer à jamais son âme et son corps de la religion ancestrale du père Créateur. Les runes de la sagesse et de la bravoure avaient été apposées sur sa malléole gauche tandis que, trois ans plus tard au cours d'un rituel similaire, son frère avait été tatoué du courage et de la précision sur l'épaule.
Un intrépide, loquace et courageux archer, parenté à une brave, discrète et taciturne lancière.
C’est un souvenir indicible, ancré dans leur mémoire. A chaque regard qu'ils échangent, ils savent. Ils ressentent cette douleur intérieure, au simple souvenir de ce lieu isolé, éclairé pas quelques flambeaux pleurant leur lumière sur les visages du peu de fidèles assistant à leur cérémonie respective pendant lesquelles ils se sont liés à Lui. Mais jamais depuis, ils n'avaient échangé sur cette liturgie.

۞


 Cette nuit encore, son frère et sa jument se ressemblaient un peu. Courageux, nerveux, résolus. Chacun d'eux prenait soin du nouveau né. La scène avait un contraste presque comique avec l’atmosphère ambiante de l’écurie, et les habitudes de la famille — servant le Puissant depuis des générations. Leur métier et leurs serviables manières de marchander avec ceux commandant des montures de guerre éloignaient les doutes, qui n’avaient jamais dépassé les quelques soupçons.

« Arrête de faire cette tête et viens m'aider. »

Les paroles d'Orro sortirent la silhouette encore trempée de sa torpeur. Toujours silencieuse, elle vint le rejoindre pour l'aider à panser la nouvelle mère.

« Je les ai entendu parler hier. Tu savais que tu avais un frère ? Enfin, un vrai frère, pas comme moi. Ils en discutaient en allant donner les carcasses aux fenrirs. Tes parents venaient de la région d'Heine, et apparemment ils se sont fait dénoncer. Ils ont eu peur pour toi et ils t'ont confiée à mes parents avant de fuir. Je crois que tu avais un an. Mais d'après ce que j'ai compris de leur conversation, tu n'étais pas toute seule ; tes parents auraient confié un autre enfant à une autre famille proche de la leur. Tu as déjà demandé le nom de famille de tes parents ? — Il haussa les épaules — Finalement, je ne sais pas si c'est bien utile. Etre une Kluzs, c'est une chance. Est-ce que tu sais quand passe le maréchal-ferrant demain? »

Déjà fatiguée par l'heure avancée de la nuit, un tel monologue ne fit que la lasser. Elle finit par tourner un regard tranchant vers son jeune frère, lui intimant de se taire. Souvent glacé par ses yeux à la couleur de fer, il obéissait à cet ordre muet. Il semblait avoir déroulé sa tirade sans même reprendre sa respiration — C'est pourtant sa sœur qui manquait désormais de souffle. Elle fixait le vide, passant machinalement de la paille sur les poils encore humides du poulain. Avait-il seulement conscience de la vitesse avec laquelle les mots sortaient de sa bouche ?
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L’orage était passé avec la nuit, et le robuste poulain s’était rapidement mis debout. Ils purent se coucher en ruminant cette embarrassante palabre, et en pensant au lendemain, La Première Lune. Les cérémonies rassemblant les fidèles étaient devenues inexistantes en dehors des rites. Les guerres des siècles passés avaient fait table rase des cultes de chacun, obligeant Lumière et Obscurité à coexister pour la refonte des terres libres ; et malgré les empires nouveaux, les adorateurs du Puissant n'avaient pas pu reformer un groupe équilibré et affranchi. Mais la jeune femme, pendant ses marchandages avec le commun, avait entendu qu'au Nord, des murmures dissidents résonnaient. Des foyers et familles descendants des Clandestins de Rune se feraient plus manifestes à cause des guerres opposants peuples et montres, profitant de la confusion des âmes se demandant où était passée la miséricordieuse Déesse de la Lumière pendant les sièges et les massacres des villes de l'Est.
Allongée sur ses draps, dans la noirceur d'une petite chambre sans cachet, elle se demandait alors si ces rumeurs nécessitaient qu'on y porte un intérêt. Parmi ces séditieux, pouvait-il se trouver son véritable sang ?



IIINakag Rin.

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Nakag Rin. C’est le nom que la femme aux reflets cuivrés avait donné au poulain noir de jais qui était né durant cette nuit. Elle s'était proposée pour dresser cette petite tâche sombre au milieu de l'énorme étendue d'herbe verdoyante, qui semblait déjà vif et impétueux. Assise sur la clôture de bois, ses jambes repliées sur le deuxième renforcement de barrière, elle observait les foulées encore timides de la première sortie en extérieur du nouvel arrivant. Alors qu'elles furent rapidement sûres et appuyées, il prit son élan pour partir en contrebas de la prairie bordée par des coquelicots naissants, lorsque le jeune Orro rejoignit sa sœur sur le rebord de la palissade. Il y croisa ses bras, et posa son menton sur ses manches. Le soleil avait fait une timide apparition en ce milieu de matinée, obligeant Orro à plisser les yeux quand il voulu suivre le regard de sa sœur.


« Tu n’as jamais autant admiré les allures de nos poulains, Aërya » — Dit-il, d’un ton relativement détaché.



Silencieuse, elle hocha doucement la tête sans détacher les yeux de l’animal ébène, qu'aucune marque blanche ne venait souiller. Toujours appuyé sur la barrière — et habitué au mutisme de sa sœur — l'arrivant continua :

« Et, tu penses que celui-ci sera le bon, enfin? »

Elle savait qu’en 23 ans, jamais elle n'avait eu l'attache émotionnelle pour l’un des animaux qu'elle avait vu naître, ni aucune autre monture qu'elle avait dressée. Elle se pencha légèrement, et posa les coudes sur ses cuisses en joignant ses mains au dessus de ses genoux. Ses mâchoires ne se desserraient toujours pas.

« Peux-tu au moins me dire l’origine du nom que tu lui as trouvé? »

Aërya tourna enfin un regard pénétrant vers son frère adoptif, et ses lèvres finirent par s'ouvrir dans un sourire acéré.

« Remets les lettres en place, Orro … », — déclara-t-elle simplement.

Après quelques secondes, il lui sourit en retour, puis murmura dans un souffle ;
« Gran Kain... »

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Dernière modification par Shimy le mar. 2 juin 2020 à 00h22, modifié 4 fois.
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Re: [BG Humain] Aërya Kluzs.

Message par Shimy » lun. 1 juin 2020 à 23h52


IVReminiscence.

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Une journée ensoleillée offrait à l'élevage une atmosphère paisible. Les rayons de l'astre du jour jouaient dans les branchages des arbres longeant le chemin qui menait aux enclos des loups. Aërya tenait à bout de bras deux seaux remplis de carcasses, attirant sur elles un nombre incalculable de mouches. Le parfum des mélèzes se mélangeait doucereusement avec celui du sang, formant une fragrance triviale qui ne semblait aucunement déranger la jeune femme.
Après avoir offert pitance aux crocs affamés, elle prit le temps d'aller chercher une selle afin de la présenter au jeune loup qu'elle avait isolé, et dont le dos semblait aujourd'hui assez musclé pour se voir monté par un adulte sans armure. D'abord intrigué, il finit par avancer son museau, déjà gigantesque pour ses quelques mois, et sentir l'odeur de cuir singulière de l'objet. Après cette inspection olfactive minutieuse, l'animal coula sur l'éleveuse un regard inexpressif, puis s'écroula volontairement sur la paille en roulant sur le dos, offrant à Aërya un ventre inoffensif. Elle leva les yeux aux ciel, mais, finalement attendrie, déposa la selle dans un coin et plongea dans l'épaisse fourrure une main chatouilleuse.

Les heures qui suivirent cette journée se superposaient et semblaient quotidiennement identiques. En cette fin d'après-midi, elle libéra des stalles les quelques chevaux qu'elle n'avait pas eu le temps de monter. Leurs sabots battirent le sable, faisant s'envoler un nuage de poussière. Aërya tourna le dos au pré, et observa l'élevage : des bâtiments trop petits, des installations inadaptées, des réserves à grain et à viandes trop facilement dérobables. Cet endroit ne ressemblait en rien au majestueux haras, aux gigantesques enclos, aux nobles bâtisses, qui formaient autrefois l'élevage de la famille Kluzs. Ces bâtiments avaient été laissés, vides, à l'est de Giran.

Tandis qu'Aërya rentrait dans sa petite chambre, elle balaya du regard ce qui formait sa décoration. Dans un coin opposé à la petite fenêtre, un lit simple aux draps ocre collé à une minuscule table de chevet sur laquelle était déposée une bougie et un précis de médecine vétérinaire. Derrière la porte, une imposante commode datée, où reposaient les quelques vêtements qu'elle avait emportés. Et juste là, entre la fenêtre et la commode, tenue en suspension grâce à deux clous, sa lance. En s'asseyant sur son lit, posant ses coudes sur ses genoux et plongeant dans ses souvenirs comme elle plongeait la tête entre ses mains, une cascade de mèches flamboyantes, semblables à de la lave, recouvrit son visage.


Trois ans plus tôt.

La décision a été prise. Il est tôt, le jour n'a pas encore percé l'horizon, mais toute la famille Kluzs sait. Des palefreniers ont été recrutés en nombre pour l'occasion. Ils approchent. Giran est belle, Giran est grande, mais ils approchent. Les sabots des équidés battent le sols à la même vitesse que les battements de cœur d'Aërya déchirent ses côtes ; les fenrirs claquent des dents à la même vitesse que les roues des charrues claquent les pavés, faisant des allées-retours incessants pour transporter nombre de biens. Plusieurs chariots sont déjà partis vers l'ouest, dirigés par leurs parents. Le haras grouille de petites mains, toutes payées pour accompagner le futur voyage. Palefreniers, maréchaux-ferrants, vétérinaires, ou simples connaissances de la famille, toute aide était nécessaire pour accompagner la vingtaine de chevaux, la demie douzaine de jeunes vouivres et les trois meutes composées de l'élevage Kluzs.
La silhouette aux cheveux cuivrés s'affaire à entreposer les selles et les brides sur l'une des charrues, tandis que son jeune frère remplit une autre de foin et de matériel de pansage. Se coupant sur un étrier rouillé, Aërya pose une main sur son avant-bras griffé et lève les yeux vers la cité lointaine, dominée par la cathédrale. La protection éternelle d'Einhasad n'est-ce pas ? Elle émet dédaigneusement un souffle du nez, frotte sa griffure douloureuse, et se remet à remplir les différents chariots.
Leur tâche terminée, Orro et elle se postèrent devant l'imposant portail en fer forgé, ouvert sur un domaine de plusieurs ares. Demain, ils quitteraient ce lieu qui les avait vu grandir.
Giran est belle, Giran est grande. Mais Aden est déjà tombée ; et ils arrivent.
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Dans sa chambre, Aërya redressa la tête, fixant désormais sa lance fixée au mur. Elle prit une inspiration, recouvrit ses tatouages runiques en enfilant ses bottes et se mit debout en empoignant sa lance. « Giran restera nôtre » se promit-elle.

۞


« La vengeance habite mon cœur, la mort guide ma main, le sang et la revanche martèlent mon esprit.»
W. Shakespeare
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Re: [BG Humain] Aërya Kluzs.

Message par Shimy » jeu. 2 juillet 2020 à 16h53


VSonge.

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Elle traversait le dédale des rues animées, emmitouflée dans un manteau adapté au froid saisissant de la période. Toutes les échoppes étaient ouvertes, et les commerçants hélaient chaque passant daignant couler ne serait-ce qu'un regard sur leurs étales. Ici la multitude de couleurs du marchand d'épices, là l'odeur prenante du poissonnier. Aërya se laissait parfois prendre au jeu du marchandage, mais sa venue en ville n'avait pas pour but de s'amuser avec les camelots à qui obtiendrait le prix le plus juste. Elle était ici pour effectuer ses prochaines réparations et achats au bourrelier. La commande de nombreuses montures de guerre de la part du Gouverneur Elion avait accéléré le rythme de l'élevage, ce qui ne laissait pas à la femme traversant les rues le temps de flâner au milieu des étales. Le dressage était intensif, les journées étaient longues, les repos inexistants ; les selles et les brides se dégradaient donc vite. Le jour, elle montait ; la nuit, elle s'entraînait. La reprise de Dion était proche, et elle s'était engagée à y participer aux côtés de la Légion, mais également aux côtés de mercenaires et autres aidants, désireux comme elle de ne pas laisser l'Ire vaincre sur le continent.


Sumbra, le 6 rougefeuille de l'an 957.

Elle rêve. Elle rêve d'une tonnelle dans l'ombre d'une forêt, où l'herbe est tachetée des rayons du soleil. L'entrée est une passerelle de fleurs pourpres — Des fleurs comme on en trouve dans la région de Heine. Tout dans cette tonnelle est magnifique et plaisant à l'oreille. Des oiseaux offrent leur plus belle mélodie, la brise est douce, et pourtant le chemin sur lequel elle marche est constellé de sang. Elle avance encore, au milieu des ombres des peupliers et des chênes, zébrant son visage de griffures lumineuses. Elle voit une porte en bois de palissandre, brute, massive, réconfortante. Aërya se décide à la pousser, mais sa main semble être celle d'un nourrisson. Plus rien.


En sueur, Aërya se redressa de son lit, au milieu de draps défaits. Ses cheveux lui collaient au front, et sa respiration, presque haletante, avait du mal à retrouver un rythme paisible. C'était aujourd'hui.
Après avoir passé des jours à dresser les futures montures, les palefreniers impériaux étaient venus récupérer leur dû la veille. Après avoir passé des nuits à s'entraîner à maîtriser son arme, elle avait rejoint l'avant poste pour les combats à venir.
Autour d'elle, des animaux qu'elle avait vu naître, montés par des personnes qu'elle avait — pour certains — rencontré l'heure plus tôt. Aërya prit part à ce qui aurait pu être un massacre ; mais elle tînt bon, au milieu de ceux qui avaient la même rage qu'elle, de ceux qui voulaient voir l'Ire Bestiale repoussée. Même si blessée à la jambe, elle gardera de ce siège la ferveur des aidants de la Légion dans les duels les opposants aux monstres, le professionnalisme des soignants et une vilaine cicatrice à la cuisse. Un prix moindre pour la récupération de Dion ; Grenier du continent.

۞


VI Eizan.

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Les reflets rouge des derniers rayons du soleil léchaient les murs du temple principal de Gludin, les marchands abandonnaient leur étals après une journée de labeur, laissant derrière eux une marre cramoisie formée par des tomates écrasées. L'atmosphère de ce début de soirée à Gludin était sanguinaire ; Aërya vit cette ambiance comme un signe du Saint, et profitait de ces adéquations agréables pour offrir une main marchande au maître-chien ayant perdu ses bâtiments dans l'incendie de son chenil. S'associant ainsi à lui, une dizaine de bêtes rejoignirent l'élevage familial des Kluzs la semaine qui suivit, faisant reprendre un rythme de travail soutenu à la jeune femme. Plus tard, Revel rejoignît Aërya et son frère dans le dressage des loups de guerre, lui permettant de libérer de son temps pour se rendre aux comptoirs.

Les comptoirs choisis par les Serres Ardentes avaient la particularité de ne pas en avoir. L'ombre avait recouvert ses boucles acajous d'une lourde capuche pour traverser les rues devenues désertes de Gludin, vidées par une nuit d'orages angoissante. Au loin, on entendait les goëlands tournoyer au dessus des restes de casiers laissés par les pêcheurs. En poussant l'imposante porte de chêne de l'auberge, l'ambiance et la chaleur du lieu — plongé dans la lumière réconfortante d'un énorme foyer où cuisait une marmite de carbonnade et embaumé par l'odeur du houblon qui remplissait toutes les chopes — la fit arborer un sourire appréciateur. Elle avait l'habitude de remplir des missions des Serres, mais cette auberge était de loin la plus agréable qu'Ils avaient trouvée. Elle s'accouda au comptoir pour commander une chope, et fit glisser entre ses doigts une pièce d'argent non ordinaire, frappée de serres de rapace sur fond d'incendie, qu'elle incrusta finalement dans son paiement. A l'encaissement de ce dernier, le responsable prit la pièce et se retira dans l'arrière boutique, après avoir tiré un rideau couleur moutarde, séparant les cuisines des clients. A son retour, il finit par servir la jeune femme aux yeux gris, glissant sous sa chope la fameuse pièce et un morceau de parchemin plusieurs fois plié. Ce n'était peut-être pas l'auberge habituelle, ça n'était pas une mission habituelle non plus. Elle avait souvent donné la mort, l'avait aussi frôlée. Mais aujourd'hui, on lui demandait de la côtoyer.
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Elle dévala la pente à une vitesse qu'elle ne s'était jamais imaginée pouvoir atteindre, l'enfant à ses trousses. L'enfant qu'elle était sûre ; certaine d'avoir vu mort, étendu sur la table du nécromant. Il ne respirait plus. Il était blanc comme le linge, si blanc qu'on pouvait voir transparaître toutes les petites lignes bleutées qui formaient autrefois les veines de l'enfant. Et pourtant il était bien là-haut, sur le versant de la petite colline qu'Aërya venait de descendre à toute jambe. Le trou formé par la flèche lui ayant transpercé l'abdomen était toujours là. Ses yeux étaient vides ; deux cavités béantes laissées ainsi par le magicien qui souhaitait utiliser ultérieurement ces iris pour une expérience nouvelle. Chaque ordre donné par l'homme était scrupuleusement respecté par le mort. Il fallut plusieurs minutes à la jeune femme pour retrouver une respiration stable, et remonter l'amont jusqu'à l'entité et son créateur. Après l'appréhension vint la curiosité, puis l'admiration. Jusqu'où ces expériences étaient possibles ? Au retour au cabinet du magicien, Aërya posa un regard nouveau sur chaque jarre, chaque livre, chaque entité. L'homme lui offrit un regard appuyé — L'apprentissage commençait.
Les serres lui avaient demandé d'aider un vieillard dans une expérience nouvelle. Elle revint nouvelle.


La mort est multiforme, elle change de masque
Et d'habit plus souvent qu'une actrice fantasque ;
Elle sait se farder,
Et ce n'est pas toujours cette maigre carcasse,
Qui vous montre les dents et vous fait la grimace
Horrible à regarder.

Ses sujets ne sont pas tous dans le cimetière,
Ils ne dorment pas tous sur des chevets de pierre
À l'ombre des arceaux ;
Tous ne sont pas vêtus de la pâle livrée,
Et la porte sur tous n'est pas encor murée
Dans la nuit des caveaux.

Il est des trépassés de diverse nature :
Aux uns la puanteur avec la pourriture,
Le palpable néant,
L'horreur et le dégoût, l'ombre profonde et noire
Et le cercueil avide entr'ouvrant sa mâchoire
Comme un monstre béant ;

Aux autres, que l'on voit sans qu'on s'en épouvante
Passer et repasser dans la cité vivante
Sous leur linceul de chair,
L'invisible néant, la mort intérieure
Que personne ne sait, que personne ne pleure,
Même votre plus cher.

[Extrait La Mort — Théophile Gautier.]



A son retour, l'auberge était moins pleine qu'à sa première venue. Au dehors, la ville reposait sur un voile de brouillard, et des gouttes de pluie glissaient sur les fenêtres embuées de l'établissement. Sa mission accomplie, elle émargea le parchemin que lui tendit le serveur de l'auberge de son nom de Serres. Eizan.
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[SubClass Necromancer.]
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Re: [BG Humain] Aërya Kluzs.

Message par Shimy » lun. 31 août 2020 à 16h51

VIIGiran.

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Assise sur un petit muret de pierre qui longeait le sentier côtier, elle observait l'océan du haut des falaises vertigineuses de l'ouest de Gludin. Absorbée par le scintillement qu'offrait le reflet de l'eau au soleil, elle perdit la notion du temps. Pourtant, le crépuscule avait rafraîchit l'air, et un frisson la fit cligner plusieurs fois des yeux. Ébouriffée par les bourrasques marines, elle tenta vainement de remettre de l'ordre dans ses boucles auburn sans véritable succès. Aërya avait passé l'après-midi à s'imaginer tous les scenarii possibles pour l'aube à venir, le Gouverneur n'ayant pas révélé sa stratégie militaire pour la reprise de Giran.
Au petit matin, elle découvrit alors un camps en ébullition et un plan en deux étapes, séparant en deux le groupe ressemblé. Leurs actions devaient être simultanées, et même si séparés, ils seraient un. Affectée à l'attaque de la ville, la troupe se mit en branle pour la reconquête. Aërya se signa à la gloire de Gran Kain, et pris en main la lance qu'elle s'était accrochée au dos. Elle était prête.

Giran s'étendait devant eux. L'ancienne capitale marchande reposait dans le berceau d'un méandre du Grand Fleuve, entourée de ses hautes murailles de pierre. Les collines environnantes permettaient d'avoir une vue imprenable sur la ville, et d’apercevoir l'immense route se déployant de l'autre côté, menant au château.
La légion et le groupe firent chanter le fer. Lors de cette journée sans nuage où le soleil regardait les combats de façon indécente, tous luisaient d'un mélange de sang et de sueur. Les incendies ravageaient les colombages des bâtiments soutenus par des poutres, les flammes dévoraient la chair comme le bois. Soudain, toute une façade s'écroula à leur passage, déversant sur eux un vent mugissant dans son sillage. Elle sentait ses genoux se dérober sous elle, et ses cheveux collaient en mèches épaisses sur ses épaules tremblantes, crispées par la peur et par la rage ; mais elle poursuivit.
L'armée était si proche du centre. Tous entendaient les râles des bêtes au centre de la ville, rassemblées autour de la statut de Maphr. L'autre partie des Innommés avait dû réussir à extraire le cristal ; les monstres s'étant soudainement désorganisés. Leurs actions s'associent ; ils sont Un.
Mais Elion s'écroule. Sandales s'écroule. Elle aussi, s'écroule.

Sumbra, le 24 Fondgivre de l'an 958

Elle rêve. Elle rêve encore de ce bois abritant une tonnelle naturelle. Le soleil répand la même chaleur qu'à son habitude, les fleurs gardent leur éclat macabre, et se confondent avec les tâches de sang éparpillées au sol. Les oiseaux, eux-aussi, sont toujours là ; ils chantent la même mélopée que dans ses précédents songes. Le bois de palissandre, typique d'Heine, forme toujours l'imposante porte qui se trouve devant elle. Aërya tend la même main juvénile et hésitante, et pousse l'huis familier. L'architecture à l'intérieur ne lui semble pas inconnue. La pièce est carrée, au plafond de marbre blanc orné de moulures. La lumière est telle qu'elle devient aveuglante. Plus rien, à nouveau.


Son esprit encore embué par la chute et par ce songe, Aërya ouvrit les yeux dans un bâtiment proche de la place principale de la ville. Remise à moitié sur pieds grâce à Astrée à la fin de la mêlée, elle accompagna sa bienfaitrice jusqu'au lieu du combat final. Elle posa enfin un regard digne aux corps sans vie gisant sur les pavés de la cité, puis admira le temple d'Einhasad, complètement détruit, dont les ruines encore fumantes laissaient échapper une odeur de chair carbonisée.


« Giran est à nouveau nôtre » murmura-t-elle en souriant devant ce spectacle.



VIIIDesseins.

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Elle déplaçait les caisses comme elle charriait quelques heures plus tôt le foin souillé dans les boxs de ses animaux. Après les avoir équitablement réparties avec l'aide des habitants de la cité immergée, elle sigla d'une croix bleue une partie d'entre elles, destinées à être acheminées à Dion. Enfin, elle essuya la sueur qui perlait de son front, en relevant les yeux vers le plafond magistral de la cité bleutée. Une odeur iodée embaumait les rues, d'où l'on voyait l'activité de l'océan à travers d'incroyables verrières formant le firmament de Cérulys. Elle suivit du regard la chasse endiablée de deux requins gris derrière un mérou avant de sortir soudainement d'une nouvelle torpeur l'ayant envahie. « Foutu cristal » maugréa-t-elle pour elle-même. Aërya se remit alors au travail ; ce travail qui lui avait été confié après la reprise d'Heine : gérer la nouvelle ville avec l'aide d'Astrée. « Foutu Revel » ajouta-t-elle, à l'encontre de celui qui lui avait attribué la tâche.


۞


Les semaines s'étaient écoulées, et elle trouva enfin le temps de retourner sur les parcelles de terrain qui furent siennes ; le domaine familial qu'elle et ses proches avaient été contraints de quitter quatre ans plus tôt. Seules des ruines persistaient, reposant sur une fumée encore noire et épaisse.
Elle avança en tremblant au milieu de son passé. L'air chaud et sec la transperçait et chaque respiration la brûlait un peu plus à l'intérieur. Elle jeta çà-et-là des regards sur ce qui n'étaient plus que des souvenirs. Le volet rouge, pendant mollement à une fenêtre qui était autrefois celle de sa chambre. La fameuse palissade de bois sur laquelle elle s'asseyait pour observer les allures des chevaux. L'immense portail en fer forgé que les invités devaient traverser pour accéder au domaine. Tout était détruit. Les arbres, autrefois symboles de vie, ressemblaient aujourd'hui aux monstres terrifiants que l'on trouve dans les contes pour enfants. Aërya s'installa sur une botte de paille et croisa les mains dans son giron tout en fermant les yeux, ses paupières devenues lourdes par l'effet du mal noir. Un léger souffle balaya les mèches rousses de la jeune femme qui rouvrit les yeux, tournant la tête vers le Nord. Il lui avait fourni la réponse qu'elle attendait.


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L'avancée dans le cimetière qui était autrefois périlleuse, était devenue le parcours quasiment quotidien d'Aërya. Elle connaissait désormais toutes les pierres, les allées, les sépultures ; elle connaissait le bruit de chaque corbeaux lorsqu'elle balayait la main pour les chasser de la tombe qui l'intéressait ; elle connaissait l'odeur aussi. Cette odeur caractéristique de la mort, qui dégoûtait les uns, effrayait les autres.
Cette nuit encore, elle poussa la lourde grille du cimetière de Giran, à cette heure de l'aube où les marins ne sont pas encore levés et où les derniers ivrognes se sont fait jeter de la taverne. L'obscurité aurait pu être totale, si le croissant de lune de cette nuit d'été n'avait pas offert aux tombes une lumière bleutée. La pluie avait humidifié l'air, qui embaumait la terre meuble ; elle sut que de nouvelles tombes avaient été creusées aujourd'hui.
Le crissement de ses bottes sur les gravillons délimitant les allées n'avait pas suffit à camoufler le second grincement de grille. Elle se retourna alors vers ce Maître qui avait réussi à lui faire apprécier le lieu. La démarche assurée, il traversa les mètres qui les séparaient en faisant voleter derrière lui son habituelle cape bleue-nuit, qui lui offrait une discrétion totale.

« C'est ce soir, Aërya. » Souffla-t-il sur un ton informel.

Elle se dirigea vers l'un des monticules de terre encore frais. Le Maître lui avait appris à bien choisir sa victime ; elle savait parfaitement de quoi la dépouille gisant sous ses pieds était morte. « Il ne faut jamais approcher un macchabée dont on ignore les causes du décès. Les maladies peuvent persister après la mort » lui avait-il appris. Lui, ici-bas, fût un vaurien, qui s'était fait abattre à cause d'une dette. Aërya se chargea de charrier la terre jusqu'au cercueil, puis souleva la planche en bois qui scellait la victime dans son ultime demeure sous l’œil attentif du Maître. « Toujours respecter le corps » se répéta la jeune apprentie pour elle-même. Elle dégagea précautionneusement le corps de ses derniers atours, en déboutonnant une à une les petites pressions de son veston. Elle sorti de sa sacoche une fiole remplie d'Osenbois, et s'en servi pour en saupoudrer soigneusement la plaie qui avait été formée au niveau du thorax. Celle-ci, même si déjà ancienne de plusieurs heures, se mit à fumer pendant de longues secondes, avant que la poudre ait fait son effet. Une odeur âpre s'en dégagea. Une fois estompée, la fumée laissa place à un trou parfaitement propre. Aërya se redressa enfin, et rassembla sa concentration en fermant les paupières et les poings. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, le mort se tenait debout devant elle. Son visage se fendit d'un énorme sourire, lorsqu'elle tourna les yeux vers son Maître ; ce dernier la gratifiant d'un hochement de tête approbateur.
Pendant que la création de la jeune femme refermait son propre cercueil et s'affairait à reboucher le trou d'où elle avait été déterrée, le Maître glissa à Aërya :


« Tu es prête. »
[Mainclass Necromancer.]
Fouiner est notre métier.
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Vindicte.<3

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