[BGelfe] Eowyn

Ici se trouvent les BGs des héros décédés, paix à leurs âmes.

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Eowyn
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[BGelfe] Eowyn

Message par Eowyn » sam. 16 juin 2007 à 18h32

Nom : de Lothlorien
Prénom : Eowyn
Age : 342 ans elfiques
Sexe : Féminin
Race: Elfe
Classe : Aquamancienne

Croyances : Aucune
Langues parlées :
le commun (langue de prédilection)
l'elfique (langue maternelle qu'elle ne souhaite pas parler)
le sombre (langue apprise auprès d'un membre de son clan, mais qu'elle ne parle pas afin que personne ne soupçonne qu'elle la comprenne)


Chapitre I: La Recontre

C’est en Lothlorien, royaume elfique par excellence que je naquis, il y a maintenant fort longtemps (un instant d’elfes…une éternité pour les hommes). Je passais une enfance insouciante au milieu de mes frères, comme toute elfe de ma communauté, à une différence près : nous étions les dignes représentants de la lignée royale…

Je me souviens encore de ces moments d’insouciance où je me battais à armes égales avec mes frères. Il me fallut pourtant quelques années pour comprendre que cet héritage, pétri de coutumes ancestrales et de règles immuables, n’avait pas que des avantages…..et bien plus tard encore qu’il n’avait que des inconvénients.

Mes frères furent promus, au fil des années, à des ministères auxquels je ne pouvais prétendre.Et moi, pourtant l’aînée de mes trois frères, je les regardais partir en espérant qu’un jour, ce serait mon tour.
« UNE elfe à la tête de l’armée, même en temps de paix : totalement impensable, me rétorquait ma mère en levant les yeux au ciel .Ton tour viendra. Tu as bien d’autres choses à penser à ton âge ».
Et mon tour vint, en effet, mais comme jamais je ne l’aurais imaginé et bien plus tôt que je ne l’aurais pensé.

Un jour, je surpris une conversation entre mes parents et ne pus m’empêcher de tendre l’oreille à la mention de mon nom. Ils parlaient d’une alliance avec un roi dont j’ignorais l’existence, un roi qui leur avait prêté allégeance …moyennant une contre partie, qui leur permettrait d’avoir un allié en cas de conflit. Mais de quoi parlaient-ils ? Jamais ils n’en avaient fait mention. Qui était ce roi ? Elfe, Humain ? Que venais-je faire dans cette transaction ? Cela ne présageait rien de bon. Et soudain, je réalisai ………………..cette contre partie n’était autre que moi : ils m’avaient promis en mariage à un illustre inconnu sans même daigner m’en parler .
A cet instant, mon univers s’écroula ; ils ne pouvaient pas décider pour moi, ils n’en avaient aucun droit ; je me sentais perdue, seule au monde, ce monde que j’avais tant chéri et aimé, ce monde où j’avais passé tant de moments inoubliables, le Monde de mon enfance, de ma famille, de mes racines…je me sentais bafouée, humiliée ; comment avaient-ils pu penser un seul instant que j’accepterais leur odieux marché ; incapable de retenir les larmes de rage et de désespoir qui inondaient mon visage, je me laissais envahir par une langueur indéfinissable, j’étais anéantie…
Il me fallait réagir, je ne leur laisserai pas le droit de disposer de ma vie à leur guise et encore moins de mon avenir ! Les seules solutions qui s’offraient à moi, c’était partir ou mourir. Mais au fond de moi, une voix me disait que de grandes choses m’attendaient, ailleurs, vers d’autres horizons, inconnus certes mais néanmoins meilleurs, que l’on avait besoin de moi en un autre lieu, en un autre temps. Une évidence s’imposa à moi, je devais partir.
Dès lors, tout s’accéléra …J’essuyai rageusement les larmes de mon visage et me levai, bien décidée à éviter quiconque m’empêcherait de partir. Je courus jusqu’à ma chambre, pris au hasard quelques objets indispensables, les enfournai dans une besace, passai par la cuisine récupérer quelques denrées … La chance fut avec moi, je ne rencontrai personne en ce milieu d’après-midi, chacun vaquait à ses occupations.
Et bientôt, sans vraiment comprendre comment, je me retrouvai à la lisière de notre belle forêt. Je fis quelques pas sur le chemin et ne pus m’empêcher de me retourner vers mon pays natal. Adieu ! Et des larmes coulèrent à nouveau sur mon visage…

Après plusieurs jours de marche- ou peut être des semaines, j’avais perdu la notion du temps tant était grande mon envie d’oublier - au hasard des chemins, de drôles de constructions m’apparurent au fond de la vallée : un village humain ! Mon instinct me poussait à y entrer, mais la prudence m’en empêchait. J’avais, jusque là, évité tout endroit habité de peur d’être reconnue. Mais au fond de moi, la même voix qui m’avait fait quitter mon pays se fit à nouveau entendre ; je devais y entrer car, non seulement ma survie en dépendait mais aussi mon avenir ; Après maintes hésitations, je finis par me décider. Mais j’attendis la tombée de la nuit pour éviter toute « mauvaise » rencontre. Je ne me sentais pas menacée et j’avais, malgré mon départ précipité, pensé à prendre mon bâton de mage. C’était le seul objet que je m’étais autorisé à emporter. Mon oncle Théodène me l’avait remis lors du rituel à la fin de mon initiation aux arts magiques : c’était celui de ma grand-mère.)
Arrivée à l’entrée du village, je rencontrais des gardes qui me regardèrent de façon suspicieuse mais je poursuivis mon chemin sans encombre. Ils ne me semblaient pas bien futés. Une impression bizarre m’envahit ; Quelles drôles de constructions que celles des humains ! Comment pouvaient-ils habiter dans un lieu aussi fermé, aussi confiné !! Je déambulais au hasard des ruelles, tout en essayant de ne pas me faire remarquer mais la présence d’une elfe ne semblait pas perturber outre mesure l’activité des humains que je croisais. Ce qui m’amena à penser que d’autres elfes étaient déjà venus ici.
Comment était-ce possible ?

La fatigue et la faim commençaient à se faire sentir, je devais trouver un lieu où me restaurer et me reposer. C’est alors que j’entendis une cloche, La cloche ……d’un temple d’Eva ? Un temple d’Eva !!!!Ici si loin du pays des elfes, j’en restais abasourdie. Je devais trouver ce temple, absolument car je savais que je pourrais trouver de l’aide sans pour autant me dévoiler. J’accélérais le pas. Je devais le trouver coûte que coûte. Je finis par courir et me retrouvai sur une place et … oh surprise !! Le son des cloches semblait venir de l’extrémité sud .Là ……une immense construction grisâtre, pas d’arbres, pas de douces étendues d’herbes folles, pas de fontaines !! Non juste un énorme bâtiment triste, carré… rien de la beauté des temples elfiques ne se retrouvait ici. Me serais-je trompée ?? Je montais la volée de marches qui menait au parvis, puis m’arrêtais juste devant l’entrée, assaillie par le doute ; qu’allais-je donc trouver ici ? Le réconfort ? La tourmente ? Alors que j’allais franchir le seuil, deux individus me bousculèrent sans ménagement. Sans comprendre comment, je me retrouvai dans les bras d’un elfe mâle!!! Très vite, je le repoussais frénétiquement. Quelle impudence !! Alors que je tentais de me remettre sur pieds, une main se tendit vers moi, une main calleuse, mais néanmoins longue et fine, une main qui semblait avoir longtemps maniée l’épée !! Je levai les yeux vers son propriétaire et m’aperçut avec stupeur qu’elle appartenait à une humaine femelle. Tout son visage s’illumina et partit d’un rire cristallin ; je ne pus m’empêcher, à mon tour, d’éclater de rire. Elle était belle et semblait douce mais de son regard émanait une tristesse qui m’émut .Quel secret cachait-elle ? Un autre rire fusa à côté de moi. Je me retournai alors vers celui qui avait osé me prendre dans ses bras, bien décidée à le gifler. Mais mon geste s’arrêta net.

Une impression bizarre m’envahit à nouveau, celle –là même qui m’avait confortée à laisser mon passé derrière moi, à partir….Son regard me scruta intensément et à cet instant, je compris que je venais de rencontrer mon destin : cette humaine et cet elfe étaient mon avenir, cette humaine et cet elfe m’aideraient à me reconstruire et ils le feraient sans contre partie.

Ils s’appelaient Adriella et Bellherion………….
Dernière modification par Eowyn le mar. 14 octobre 2008 à 17h00, modifié 1 fois.
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Message par Eowyn » mar. 14 octobre 2008 à 16h59

Chapitre II : Réminiscences ...

Un cri dans la nuit…

La respiration haletante, le pouls battant à une vitesse vertigineuse, le visage ruisselant, ses cheveux en désordre, elle s’assit sur son lit, fermant les yeux pour tenter de se souvenir…
Elle parvint après un effort de concentration intense à ralentir les battements de son cœur, à régulariser son souffle …
Elle posa ses longues mains fines sur son visage comme pour mieux fixer dans sa mémoire cette dernière image…. Un humain …un humain qu’elle ne reconnaissait pas, qu’elle ne connaissait pas…puis la vision s’affina...

Son cœur battait à un rythme effréné. Il ne savait s’il devait laisser éclater sa joie ou se perdre à tout jamais dans les tréfonds du monde connu pour échapper à l’inéluctable châtiment. Car les conséquences de son acte, il ne les connaissait que trop. D’aucuns diraient que la tentation était trop grande, le butin trop alléchant, mais sa motivation était toute autre… Quoi qu’il en soit, le prix à payer ne pouvait être moindre que l’énormité de l’acte…
Peu lui importait, le plus urgent était d’échapper à ses poursuivants, au moins pour un temps. Il maintint son rythme en abordant les contreforts du dernier escarpement avant les territoires habités du sud. Il savait que s’il réussissait à franchir cette ultime barrière naturelle, il survivrait à cette nuit maudite mais oh combien exaltante.
Oublié le sang de ses compagnons d’infortune, oublié le geste de son dernier frère d’armes qui, sans un regard en arrière, lui avait permis au prix d’un ultime sacrifice de fuir devant la horde qui les poursuivait de leur vindicte.
Seul comptait l’objet qu’il serrait sous son bras, emmitouflé dans un chiffon afin que son éclat ne le signale pas à ses ennemis dans l’obscurité.
Il maudit en passant l’éclat de la lune resplendissante qui trônait fièrement au sommet de la gorge. Il savait que sa silhouette allait se découper sur le halo lunaire, mais il ne pouvait se permettre un plus long détour. Ses forces déclinantes ne le lui laissaient pas d’autre choix, et la pugnacité des démons inférieurs qui le suivaient n’était plus à démontrer.
Dans un ultime effort, il franchit le bord de la passe. Le souffle court, il se prépara à franchir le col de la dernière chance. Il était serein, il avait accompli l’impossible, plus rien ne pourrait l’arrêter. C’est cette euphorie qui le portait depuis des heures déjà, c’est ce qui le maintenait en vie alors qu’il avait affronté les pires créatures que cette terre ait portée. C’est ce qui l’empêchait de défaillir alors que ces mêmes créatures le talonnaient. Ce fut aussi sa perte…
Comme il le craignait, la lueur de la lune révéla sa présence au démon qui était resté tapis dans une anfractuosité des rochers à l’entrée du col. […]
Ce n était pas la première fois qu’elle faisait ce rêve mais jamais il ne lui avait apparu si net et si précis…qui était cet homme ? Que lui voulait-il ? Contre qui se battait-il ?

L’aube semblait pointer à travers les fins rideaux…elle se leva, légèrement désorientée par son rêve, s’appuyant par mégarde sur son bras droit, une vive douleur au niveau de l’épaule la fit grimacer. Surprise par l’intensité, elle ôta sa manche et s’aperçut que cette vieille cicatrice était de nouveau boursouflée et rouge. Elle soupira.
« Je vais devoir encore la montrer à Morathi, pensa-t-elle. »
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Message par Eowyn » lun. 10 mai 2010 à 17h01

Des noms ... comme gravés tout au fond d'elle...

Elle sortit un vieux livre recouvert de poussière.
Pourquoi le ressortir maintenant ? Il y avait si longtemps...
Elle ne put s'empêcher de l'ouvrir et, comme si elle devait ne pas se replonger dans ses souvenirs, deux pages blanches s'offrirent à elle.
Elle prit une plume et coucha ce poème qui lui martelait les tempes
:


Réminiscences…

Le temps file …
Je ne peux le retenir…
Tous ces visages…
Je me souviens de tous comme si c’était hier…

Tous ces noms …
Tous ces sourires…
Toutes ces larmes…
Je ferme les yeux.

Ne rien regretter,
Ne rien oublier,
Quel est ce goût amer dans ma bouche ?
Quel est ce souffle froid sur mon visage ?

Des regards emplis d’amour
Des regards emplis de haine
La Mort qui vient ravir les Vôtres
Instants de détresse…
Eternités de désespoir…

Je vous aime.

Et comme par nécessité, elle revint au début de son livre.
Qu’étaient-ils devenus tous ses compagnons ?
Le temps n’avait pas altéré l’image de ses amis et chacun avait une place bien définie dans son cœur : compagnons d’infortune, Amis, connaissances d’un jour, d’une semaine…sa mémoire ne lui faisait pas défaut…un sourire effleura ses lèvres puis une ombre passa devant ses yeux.
Ces images en appelèrent d’autres, non plus des visages mais des scènes entières….des tranches de vie…des passages de sa vie. En était-elle plus sage, plus mature, plus responsable ?
Nul n’aurait pu le dire…surtout pas elle. Et quand bien même l’aurait-elle voulu !

Un souvenir s’insinua...plus tangible que les autres, qui sait.
Morathi, seconde des Corsaires de Sirius, referma le vieux grimoire avec d'infinies précautions. Un sentiment de tristesse et de joie mêlées s'insinua en elle sans vraiment comprendre pourquoi.
Qui avait osé….comment cela avait-il pu arriver…..et pourquoi ?
Elle ouvrit à nouveau le livre qu'elle tenait encore entre ses mains, comme si les réponses à toutes ses questions s'y trouvaient. Sa réflexion fut interrompue par un bruit intempestif, qui lui fit tourner la tête.
Sans vraiment voir les gens qui rentraient avec autant peu de respect dans la bibliothèque, son visage s'illumina d'un sourire en contemplant pour la énième fois les étagères croulant sous les livres ; elle aimait tant venir dans cette tour appelée Tour d’Ivoire par le peuple d’Aden, s’y ressourcer et s’y perdre …les boiseries sentant bon la cire , l’odeur des parchemins, la discrète lumière filtrant à travers les vitraux des quelques fenêtres , tout ici amenait l’esprit à s’échapper, à vagabonder, à oublier les tracas du monde extérieur .
Pourtant ,un autre bruit vint à nouveau la tirer de sa rêverie et lui fit brutalement reprendre pieds dans la réalité. Elle jeta un regard noir de colère aux impudents qui osaient troubler la sérénité de l’endroit et comme s’ils avaient compris son message muet, ils quittèrent précipitamment la pièce sans demander leur reste.
Son regard tomba à nouveau sur le livre que ses doigts caressaient machinalement.
« Le Rôdeur », lut-elle sur la couverture ; elle feuilleta les fines feuilles de parchemin une à une et finit par arriver à la fin du manuscrit. Son coeur se serra à la vue des feuillets noircis par les flammes….
Que s’était-il passé ? Pourquoi avait-on voulu brûler ce grimoire et l’empêcher de connaître la fin de cette histoire ? Qu’était-il advenu du Rôdeur ? C’est avec autant de questions sans réponse en tête qu’elle se leva pour remettre le livre sur l’étagère.
Alors qu’elle allait quitter à regret cet endroit qu’elle affectionnait par-dessus tout, une silhouette familière qu’elle reconnaîtrait entre mille pénétra dans l’édifice
Son port de tête altier, la finesse de ses traits, ses oreilles longues et fines, tout en elle incarnait la race elfique par excellence .
« Elle ne peut vraiment pas renier ses origines, pensa Morathi, bien que plusieurs années auparavant, elle avait dû quitter son royaume natal par obligation et de ce fait, abandonner son titre de noblesse. Quel drôle d’elfe, cette Eowyn ! »
Morathi leva la main pour attirer le regard d’Eowyn et chuchota :
« EowynEowyn, je suis là… ».
Apparemment, Eowyn ne semblait pas l’avoir entendu, ni vu ; aussi décida-t-elle de ne pas parler plus fort, de peur de déranger les autres lecteurs et d’aller à sa rencontre.
A cet instant comme par magie, Eowyn tourna la tête et leurs regards se rencontrèrent ; un large sourire éclaira son doux visage et elle se précipita vers Morathi en passant rapidement parmi les lecteurs.
« Oh !! Tu es là……je te cherche partout, dit-elle dans un état de nervosité tel qu’elle parla haut et fort, ce qui eut pour conséquence de gêner tous les lecteurs. Des murmures de reproche fusèrent sur tous les tons, d’un bout à l’autre de l’immense salle :
« Chut !! »
« Silence !! »
« Mais taisez-vous…. »
« Vous allez vous taire !! »
« CHUT. »
Eowyn s’arrêta net, comme pétrifiée…elle ne s’était pas rendue compte qu’elle avait parlé aussi fort et rougit jusqu’à la racine des cheveux, incapable de faire un pas de plus.
Morathi vint à son secours en lui prenant la main et l’entraîna jusqu’à la porte.
C’est seulement dehors qu’Eowyn pût articuler :
« Oh, je suis désolée…je ne pensais pas ... Euh…Je vais aller m’excuser… »
Morathi la retint par le bras qu’elle n’avait pas lâché :
« Non, non …reste là, tu risques de les déranger encore plus, s’exclama –t’elle en riant, et là ils risquent de ne pas apprécier du tout !! Elles se regardèrent et éclatèrent de rire en même temps.
« Mais que t’arrive-t-il, Eowyn, pour être si énervée, s’enquit Morathi. Toi si pondérée, d’habitude .Tu ne sembles pas dans ton état normal ?
-Je …voilà, j’ai fait …euh… une rencontre, euh… il y a de cela plusieurs jours…euh… .
-Une rencontre …bonne ou mauvais ? S’inquiéta Morathi.
-Mais il est gentil, il ne m’a fait aucun mal… Natha…il s’appelle Natha et…, bafouilla-elle, il faut que j’en parle à Belherion… et…aussi à tout le clan…et… .
Morathi fixa son amie du regard. Elle ne l’avait jamais vue ainsi, aussi hésitante, aussi peu sûre d’elle.
« Elle semble troublée, pensa Morathi. Aussi décida t-elle de prendre les choses en mains »
« Viens, lui dit-elle, on va à la taverne et tu pourras me raconter tout cela calmement.»
La taverne était un endroit particulier. Rien qu’à voir la porte d'entrée qui n’avait, en fait, de porte que le nom tant elle était abîmée, on pouvait aisément s'imaginer que le temps n'était pas seul responsable de cette dégradation.
L'intérieur de la taverne était a l'image de la porte et ne ressemblait en rien à un salon de thé, loin s'en faut. Le lieu ressemblait à un bouge enfumé; le sol était recouvert de joncs qui, à première vue, n'avaient pas été changé depuis des lustres ; le mobilier, quant à lui, était rafistolé et disparate et ne tenait debout que par l'opération dont ne sait quelle divinité.
Morathi et Eowyn se dirigèrent vers le fond de la taverne et s’assirent à une table.
Elles durent pousser les reliefs du repas des précédents consommateurs, légèrement dégouttées.
« Toujours aussi négligé, le tavernier, murmura Morathi, et le ménage laisse toujours autant à désirer…
Tu veux une bière naine, demanda t-elle en se tournant vers Eowyn
-Surtout pas ! La dernière ne m’a guère laissée d’excellents souvenirs, répondit-elle, pour ne pas dire aucun, je préfère un verre de vin d'Aden, merci, répliqua Eowyn en riant.
-Une bière naine et un verre de vin d'Aden, Tavernier ! Et rapidement, s’il vous plait, lança Morathi à la cantonade.
Les habitués de l’endroit n’avaient pas quitté les deux amies du regard et l’on pouvait aisément y lire de l’étonnement voire de la désapprobation .Une Elfe sombre et une Elfe dans ce genre d’endroit ne passaient pas inaperçu mais elles semblaient n’en avoir cure et ignorèrent délibérément les quolibets et lautres commentaires désobligeants.
-Alors, que t’arrive-t-il Eo, on dirait que tu as fait une mauvaise rencontre ?
-Une mauvaise rencontre ? Mais pas du tout, s’exclama –t-elle, de nouveau excitée…Non, non tu n’y es pas du tout …il est tout ce qu’il y a de plus "gentleman" sur Aden …, cultivé, intelligent, sensible, beau…et …et …plein de délicatesse. Je t’ai dit qu’il s’appelait Natha ?demanda Eowyn de nouveau dans ses pensées.
-Oui, en effet, tu me l’as déjà dit et il me semble t’avoir mis dans un drôle d’état, ironisa son amie. Tu bafouilles, tu répètes plusieurs fois les mêmes choses, tu sembles avoir la tête complètement ailleurs. Mais qui est ce fameux Natha qui a réussi à tant te troubler ?
-Me troubler… mais non, tu te trompes, il est charmant, certes, mais …
-…mais il occupe toutes tes pensées…
-Mais que vas- tu imaginer …tu penses que …, s’interrompit Eowyn, …que j’en suis ..., dit-elle en éclatant de rire sans finir sa phrase. Mais Morathi, qu’est ce qui a pu te faire penser cela ? Riant de plus belle. Tu te méprends totalement, c’est un elfe séduisant, c’est un fait, mais son cœur, je crois, est déjà pris.
- Alors, qui est-il ?
- Il …il est à la tête d’un groupe d’hommes et de femmes. Il souhaiterait nous connaitre mieux… .
Eowyn soupira. Enfin, bref, il voudrait que nos deux confréries ne forment plus qu’une seule entité.


Natha…
Un sourire illumina le visage d’Eowyn.

Un souvenir en appelant un autre…Son enthousiasme se changea brusquement en tristesse.
Un autre nom…Amastacia ...
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Re: [BGelfe] Eowyn

Message par Eowyn » sam. 16 juillet 2011 à 02h10

La guerre était inexorable.
Ils n'étaient rien sinon, le Mal personnifié, vivant aux dépens des vivants.
Cette engeance du Mal devait disparaitre.
Notre confrérie se devait les combattre afin qu'ils disparaissent, c'était une évidence.
Seuls, nous ne pouvions rien. La Rencontre se fit à point nommée.
Eowyn, la régente en l'absence de Belherion, avait pris les devants. Lug Brisefoudre, le chef de la Griffe de l'Aube avait su la convaincre de s'unir. Ce fut fait sans autre forme de procès.




L'Alliance NOVUS DEI


Parchemin écrit par Lug Brisefoudre
Pas de lettres d’information. Pas d’invitations. Pas de discours. Pas de grandes parades. Pas de démonstrations narcissiques. Vous ne savez rien.
Peut-on parler de renouveau ? Non. Nous continuons seulement ce qui se construit déjà. Ce qui a déjà commencé. La flamme qui vit dans l’obscurité et qui pourtant échappe à ceux qui ignorent.

Volontés multiples qui forment le fleuve. Il se passe d’explications futiles. Il ne cherche à convaincre personne. Il n’a pas à se justifier. IL EST. Et le courant l’emporte toujours plus loin, toujours renouvelé. Nul ne peut dire si sa source tarira face aux obstacles et aux échecs. Nul ne peut deviner si ses flots déborderont de rage et de colère. Juste constater.

Certains parlent de choix. D’autres de destinée. Qu’importe, ce qui est ne peut être changé. Les Griffes de l’Aube ont choisi de détruire les Ames Perdues. Et c’est cette seule existence absolue, qui demeure et qui nous a tous frappé, qui les a réunis avec les Corsaires de Sirius. Des mots prononcés tout d’abord. Se transformant en long échanges par la suite. Puis d’autres voix se mêlent. Prennent de l’ampleur. Parfois des murmures dissonants brisent le chant. Mais nous apprenons à écouter. A moduler notre timbre. A nous entendre.

Les vampires sont subtils, intelligents tout en étant sournois et impitoyables lorsque leurs intérêts sont servis. Ils appartiennent au regroupement Prénoahhy. C’est ainsi que, malgré nous, il nous faut faire avec cette formidable force. Leurs flots à eux aussi tourbillonnent. Il gronde. Le confluent de ces trois clans… Eux aussi sont.

Quant à nous, nos motivations communes demeurent, s’entretiennent. Nous nous réunissons dans l’unité. Réaffirmant à chaque fois notre volonté. Affinant sans cesse sa direction. Tentant déjà de survivre. Agissant.

Le fleuve demeure. Son lit semble s’étendre à l’horizon. Espoir miroitant, illusion ou fait tangible ? Nous ne nous opposons pas à la certitude. L’union fait la force. Les eaux cheminent, calmement, vers le tumulte d’un jour nouveau.


Parchemin écrit par Eowyn de Lothlorien

Mes amis, l’heure est grave.
Depuis déjà plusieurs lunes, certains d’entre nous subissent des attaques incessantes de la part de sombres, que, pour l’instant, nous n’avons pu identifier.
Parmi eux, un semble plus virulent que les autres. Son nom, il me l’a donné, comme par défi…Grahad et le sens de ses attaques aussi : il déteste les elfes. Certes, ce n’est pas le premier et, hélas, ce ne sera sûrement pas le dernier.
Ne demandez pas quelles sont ses raisons profondes, il serait futile de les connaitre.
De toute manière, cela changera-t-il quoique ce soit de le savoir ?
Amandil a, lui aussi, subi ses attaques, toutes aussi fourbes les unes que les autres.
Lui aussi a été blessé et à maintes reprises.
Un autre sombre, tout aussi inquiétant mais bien plus subtil, semble aussi prendre du plaisir à nous harcèler.
Lui, non plus, ne s’est pas caché de son identité. Il s’appelle Satalis. Il est très dangereux car très malin. Il n’attaque pas de front, il tente de séduire…pour mieux détruire.

Nous ne pouvons pas rester ainsi sans réagir.
L’heure est venue pour nous tous de nous lever contre cette engeance qui tue, blesse, humilie et ce, pour un soi-disant idéal sombre.
Après moult recherches, il semblerait qu’ils soient de la même guilde. Elle a pour nom Cryso Renor.
Quels sont leurs objectifs, leurs plans ?
Nous n’avons pu les définir.
Ceci étant, nous n’allons pas attendre de les connaître, ce serait peine perdue.
Il nous faut agir et vite. Certes, nous sommes assez nombreux et suffisamment organisés pour riposter mais bon nombre sur ces terres n’ont pas la chance d’être au sein d’une alliance telle que la nôtre.

Nos services de renseignements sont déjà sur la brèche. Sous peu, nous en saurons plus sur eux.
Que chacun soit prudent et fasse parvenir le moindre renseignement les concernant, aussi insignifiant soit-il.
La survie de chacun d’entre nous en dépend et de celle de bien d’autres, connus ou inconnus.

Le guerre ne peut être évitée même si nous l’abhorrons .



Au fil des échauffourées, Eowyn comprit rapidement combien sa magie de prédilection, l'aquamancie, n'était pas des plus efficaces contre les Vampires. Malgré tous les efforts entrepris, elle ne put qu'admettre que celle du feu était plus meurtrière face aux Âmes Perdues.
Presque malgré elle, elle entreprit d'apprendre auprès d'un des membres de la Griffe de l'Aube, ces arcanes qui lui permettraient sinon de les vaincre, au moins de les freiner dans leur soif de sang.

Cette Alliance eut aussi le mérite de rapprocher deux êtres que rien n'aurait pu faire se rencontrer.
Mais c'est une autre histoire qui vous sera conter une autre fois...


Spoiler:
[HRP] Mise à Jour pour sub Sorcerer [/HRP]
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Re: [BGelfe] Eowyn

Message par Eowyn » sam. 16 juillet 2011 à 02h11

D'autres rencontres se succédèrent...
D'autres vies, d'autres héros, d'autres visages qui, peu à peu s'estompent.
Elle aurait tant voulu se souvenir de chacun d'eux, mais le vent de l'oubli a emporté certains noms, certains visages.
Et elle aurait tant voulu en oublier certains...ceux-là même qu'elle se refusait d'écrire dans le livre de sa vie mais qui lui laissèrent des cicatrices indélébiles.

Le pire fut celui de Satalis, un elfe sombre que son esprit n'oubliera jamais, tant la souffrance est grande encore maintenant. Il la voulait dans son lit, elle ne lui laissa aucun espoir.
Pourtant, un soir, il osa poser ses mains sur elle.
Une caresse.... répugnante...
Des mots doucereux prononcés tout près de son oreille...Frissons de dégoût...
Un soupir de désir ... La peur grandissante tout au fond d'elle, tentant désespérément de lui échapper...
Ses sombres mains sur sa poitrine, si blanche...Un cri de désespoir, comprenant qu'elle ne pourrait échapper que par miracle à l’obsession de ce sombre...
Tenter de réfléchir, alors que la peur obscurcit son esprit.
Elle ne doit pas succomber à cette terreur, qui ne peut que l'entrainer vers le gouffre.
Elle ne doit pas résister, lui faire comprendre qu'elle est consentante malgré l'horreur et l'aversion.
Il comprend alors qu'il a réussi, qu'elle se soumet, le sourire vainqueur...
Sa main glisse sous le lourd tissu bordeaux de sa robe. Elle ne peut retenir une grimace. Elle étouffe un cri, se laisse plaquer contre le mur de son bureau, sa bouche écrasant la sienne, sa main fourrageant dans ses jupons.
L'instinct de survie lui dicte, alors, sans même y réfléchir, le geste qui, peut-être pourra la sauver du pire.
Elle lui assène un coup de genou sans vraiment réaliser à quel endroit elle frappe.
L’étreinte se desserre, comme par magie.
Fuir... Fuir et vite. Sans comprendre comment, elle se retrouve dans la rue, elle l'entend hurler derrière elle.
Elle court, le visage baigné de larmes, elle court à perdre haleine avec une seule idée en tête...Lui échapper.
Après une course effrénée, elle finit par regagner la demeure des Corsaires, nul ne sait comment, elle encore moins.
Elle se jette sur son lit, blessée dans sa chair, blessée dans sa dignité.
Elle se jure qu'elle lui fera payer cette ignominie.

Epuisée, le sommeil finit par l'emporter, non sans se promettre qu'elle fera tout pour devenir une autre, plus rusée, plus forte, plus sournoise afin de le frapper alors qu'il ne s'y attendra pas, dans une ruelle sombre, à la faveur de la nuit.
Dans les jours qui suivirent, elle s'engagea dans une école de daguistes. Elle s'y inscrivit en ne dévoilant pas qui elle était vraiment.
La vengeance lui permit d'apprendre vite, elle se devait de ne pas faillir.
Un jour, elle le tuerait.
Spoiler:
[HRP] Mise à Jour de la sub adventurer [/hrp]
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Re: [BGelfe] Eowyn

Message par Eowyn » sam. 16 juillet 2011 à 13h46

Un son, comme étouffé...
Un nom, comme une ritournelle...
Un cri comme désespéré...
Une voix ... Une voix amie...Une voix d'amie, de son amie... Morathi...

Elle tente désespérément de bouger. Aucun mouvement.
Elle tente désespérément de parler. Aucun son.
Elle tente d'ouvrir les yeux. Le noir complet.

Pourtant, Morathi lui parle, la rassure, la console. Ses yeux sont ouverts. Elle n'en a pas conscience.
Aucune image devant les yeux..Rien que le noir le plus complet.
Morathi lui prend la main, tendrement.
Elle l'entend incanter. Une douce chaleur l'enveloppe. Ses idées se font plus claires. Elle peut bouger une main.
D'autres voix se font entendre. Elle n'en reconnait qu'une ...Ealindir.
De nouveau, une douce chaleur irradie en elle. Sa voix se fait entendre... Basse, rauque, méconnaissable...

- Morathi...
Elle entend des bribes de phrases, des mots sans aucune signification pour elle, des noms.
- Cela fait huit lunes...
- Gludin...
-Les Marins...
-La Résistance a gagné....
Sa tête lui fait mal. Elle voudrait dormir, enfin, paisiblement.

Puis tout se précipite. Elle sent qu'on la déplace. On court, on crie, on donne des ordres.
Ealindir s'approche. Elle lui tend la main et s'y accroche.
Elles doivent partir et vite.
Morathi donne leur destination: Heine.
Quelqu'un demande pourquoi Heine.
Morathi répond:

- La Confrérie n'est plus....
Des pensées confuses ...
Les Corsaires de Siurius, ses amis, sa Famille depuis des décennies n'est plus...Une larme se perd sur sa joue....Elle ferme les yeux, ses yeux, qui, désormais, ne veulent pas lui révéler l’horreur de la réalité.

Eowyn, allongée sur un brancart de fortune, quitte Cefedellen, où on la soigne depuis déjà six mois.
Aucune blessure physique ne semble apparaitre sur son corps. Certains disent qu'elle était dans le coma depuis huit lunes, depuis la bataille contre les Marins à Gludin.
Désormais, les infirmières de l'hôpital d'Heine s'occupent d'elle. Mais elle refuse de parler.

Spoiler:
[HRP] Mise à jour pour déclantage...Hélas ! ! [/HRP]
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Re: [BGelfe] Eowyn

Message par Eowyn » dim. 3 mars 2013 à 17h33

Elle devait l'aider coûte que coûte.
Elle était avant tout son Amie, son Âme sœur, sa sauveuse..

Le hasard leur avait permis de se retrouver pour le meilleur, comme pour le pire, surtout en ces temps plus que troublés. Leurs retrouvailles furent de courte durée, l'une devait retrouver ses parturientes, l'autre rejoindre la Silmë pour aider Cefedellen.
Plus tard, alors qu'Eowyn devait retrouver Garonrhum, un tréant, Erlineth, habillée en combattant, se joignit à elle.
Au cours du chemin, elles parlèrent longuement de ce qu'elles avaient vécu chacune de leurs côtés.
C'est ainsi qu'elles se redécouvrirent l'une l'autre.
Eowyn était devenue médecin grâce à Altar. Ses journées n'en finissaient pas entre ses futures accouchées et tous les patients qui se présentaient entre la clinique et son cabinet à Cefedellen.
Erlineth, de son côt,é restait très succincte quant à son parcours depuis ce jour si particulier qui restera à jamais gravé dans leur mémoire, mais Eowyn finit par savoir que son Amie était devenue chevalière. Quelque part, Eowyn enviait son Amie, mais elle savait aussi combien, il était dangereux, en ces temps de guerre d'être une combattant.
Au fil de la conversation, Eowyn réalisa qu'elle se devait d'aider son Amie de toujours. Aussi décida-t-elle de devenir une chanteuse de lames afin de la protéger, malgré elle.

Spoiler:
[HRP] Mise à joue sub swordsinger [/HRP]


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Re: [BGelfe] Eowyn

Message par Eowyn » dim. 3 mars 2013 à 18h31

La mer semblait calme et la brise marine jouait avec ses nattes.
Le soleil, encore haut dans le ciel, la faisait grimacer légèrement, donnant à son visage un air empreint de sagesse.
Son regard se fixa sur l'horizon. Une caravelle partait vers l'aventure.
"Qu'il est loin le temps où nous voguions encore .... ". Le ton était bas, et une oreille attentive aurait pu y percevoir une touche de regret.
Mais sur le promontoire de Gludin, aucune âme qui vive à part elle.
Elle se retourna vers sa maison, le jardin où les herbes folles avaient, au fil des mois, envahi le moindre recoin de terre.
Un soupir s'échappa de sa bouche aux lèvres fines.
"Il ne sert à rien de regretter... Il me faut avancer, c'est une certitude et ce poste est une aubaine. "

Elle pénétra sans hâte dans sa maison, puis se dirigea vers sa chambre. Elle ouvrit la commode, en sortit quelques vêtements. Elle prit un sac de voyage en cuir qui trainait dans un coin et y enfourna ses affaires.
Un dernier regard à sa chambre, à cette maison où elle avait pensé qu'un jour, elle aurait pu y connaitre le bonheur. Mais la vie en avait décidé autrement.
Elle ferma la porte à clef, et, son sac sur l'épaule, sans un regard en arrière, sortit un parchemin et l'incanta.
Elle se rendit à la passeuse.
"Un aller simple pour Heine, s'il vous plait. " La jeune femme lui sourit sans mot dire... Un grésillement...

Comme à chaque fois, la chaleur de la place la surprit. Le soleil l'aveugla dès qu'elle eut quitté le kiosque de la passeuse. Dès que son regard se fut habitué à la lumière, non loin, elle aperçut celle par qui son destin allait changer. Elle lui sourit et lui demanda:
"Sais-tu où je pourrais déposer mon sac.? "
Pour toute réponse, l'elfe lui accorda un sourire. Elle la suivit.

Spoiler:
MaJ pour clantage Nenyàna


Quinze années se sont écoulées depuis la victoire sur Krakatur. Mais le peuple sombre nous a une nouvelle fois réservé une surprise à la hauteur de leur folie. Un grand sacrifice a eu lieu et le monde a changé. Que pouvons-nous véritablement faire à présent ? Seulement survivre, rassemblés sur l'Île des Murmures avec les ruines d'un autre monde comme voisines. Après un autre cataclysme, la vie reprend petit à petit et notre nouvelle ville est devenu un endroit sûr, stable, et hétéroclite, mais le seul désormais vivable.
Notre seul foyer, à tous.
Que la vie est triste ,mon Amour ...

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