[BG] Essaïon, Conteur d'Etoiles

Ici se trouvent les BGs des héros décédés, paix à leurs âmes.

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Essaion
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[BG] Essaïon, Conteur d'Etoiles

Message par Essaion » sam. 9 juin 2007 à 21h29

La nuit était plutôt claire et étoilée, sans Lune ni trop de luminosité aux alentours. En dessous de la voûte céleste se dressait un majestueux arbre, bien garni, aux feuilles argentées, aux branches éparpillées prenant l’espace libre dont elles avaient besoin. Il se situait au bord d’une falaise, et l’on distinguait avec peine à l’horizon ciel et mer. Au pied du tronc écorché, la sève dégoulinant le long du fût, se trouvait un jeune enfant humain, à peine l’âge de parole, somnolant paisiblement, un petit sourire au coin des lèvres qui lui donnait l’impression d’être en parfaite symbiose avec le végétal, comme… protégé. Rien ne paraissait troubler son sommeil même pas le nombre de bestioles qui rodaient autour, dont une qui s’approchait lentement de sa proie vulnérable mais sereine. L’arachnide était d’une taille remarquable, près de dix fois l’envergure de l’enfant, rouge et noire, les mandibules sortant considérablement de ce qui lui servait de tête. Elle s’avançait de plus en plus …

Non loin de là, quelqu’un observait la scène, ne manquant pas une miette des faits et gestes de la créature. Malgré ces yeux luisants tels deux astres dans la noirceur de la nuit, nul ne semblait l’apercevoir. Les crocs de l’immonde bête n’étaient plus qu’à quelques centimètres du visage de l’enfant … A cet instant précis, l’observateur jaillit du buisson qui le camouflait, courut en direction du bambin agressé, repoussa l’araignée et vint se placer entre le défendu et l'assaillant. Ce dernier, pris au dépourvu, repartit à l’attaque, mais le canidé montra de plus belle ses crocs et envoya un coup de griffe qui lui fit perdre une mandibule :
<< Pourquoi protèges-tu un avorton dans son genre ? Sa chair ne te régalerait-elle pas ? >> avait riposté la bête. La louve replia ses babines, qui était un signe de ricanement, puis chargea. En voyant sa précédente attaque vaine, la créature velue détala laissant le rejeton à son défenseur. La louve lui lécha le visage et même en dormant toujours aussi profondément ses mains s’agrippèrent au poil de celle-ci qui l’emmena alors au sein de la forêt.



Au fil du temps, la louve et l’enfant commencèrent à communiquer ensemble. Elle l’avait nourri de son gré toutes ces dernières années afin qu’il survive, sans aucune raison apparente, et il s’attacha particulièrement à elle, qu’il appelait maintenant « maman ». Dès lors elle lui attribua un nom. Un nom qui signifiait « l’enfant de Lumière », pour cause qu’elle avait aperçu se poser sur son front, juste avant qu’il se fasse attaquer cette nuit-là, un éclat lumineux descendant du hêtre qui l’hébergeait.
<< L’on aime que celui-ci s’amuse ainsi, Essaïon. >> avait-elle dit alors que le gamin courait tout autour du bosquet pour essayer d’attraper un lapin et jouer avec lui. Il riait tout le temps, rien ne pouvait l’en empêcher. Il était heureux, tout simplement.



Le temps passa. Essaïon grandit de plus en plus, il savait maintenant se débrouiller à peu près seul, se nourrir de lui-même, sa mère adoptive étant toujours aux aguets. Le danger n’est jamais trop loin pour une mère. Du haut de ses quinze années, il avait déjà la carrure développée, ses cheveux étaient brins, et toujours ébouriffés, ses yeux couleur du ciel nocturne, perpétuellement le sourire en bouche. Le jour vint où la louve considéra qu’il était assez grand, de physique et de raison, pour lui parler, enfin, sérieusement. Ils allèrent tous deux au pied d’un gigantesque hêtre où la louve déclara :
<< L’on a trouvé cet endroit celui-ci quand il était louveteau. Celle-ci t’a nourri et l’on regarde maintenant ce que celui-ci est devenu. Il est temps que celui-ci retourne vers eux pour parfaire son apprentissage. Mais avant cela, celui-ci doit promettre. >>
Il jura d’aider toute chose, créature, personne en difficulté, quelle qu’elle soit. Ce qui ne devait pas être très difficile pour lui étant doté d’une incroyable gentillesse. Cependant cette révélation ne le laissait pas sans réflexion : Pourquoi se trouvait-il sous cette arbre ? Le soleil tombait à l’horizon, il était toujours adossé au seuil du grand hêtre, songeant, la louve assise un peu plus loin, au bord de la falaise scrutant ce beau spectacle. Ils passèrent la nuit ici.

Au petit matin, le jeune homme se pencha sur sa mère adoptive encore assoupie, passa sa main dans son pelage soyeux et lui murmura à l’oreille :
<< Merci pour tout ce que tu as fait pour moi, mais comme tu l’as dit, il est temps. L’arbre m’a appris… Il m’a enseigné l’usage de la parole humaine. Je pars étudier, et je n’oublie pas ma promesse, et ne ferai de mal à personne, sauf pour aider si le besoin en ai. Je te garde près de mon cœur, soit sereine… mère. >>
Il sourit brillament comme à son habitude, mais tout de même le visage empli de tristesse, et déposa une bise sur le dessus du museau de sa mère. Il partit. On pouvait entendre encore, à plusieurs lieues de là, le hurlement d’une louve bienheureuse. Essaïon laissa perler une larme.



Il arriva, après plusieurs jours d’errance, devant une chapelle cachée derrière une petite colline très esthétique. Un homme vêtu d’une ample robe guettait au loin, le vit, et se précipita à l’intérieur de l’édifice. Il en ressortit une tunique en main, et s’approcha du jeune hominien en lui la tendant. Bien évidemment, Essaïon était nu. Mais avant tout autre chose, appréciant son geste, le sourire jusqu’aux oreilles, il lança : <<Apprenez-moi, s’il vous plait. >> L’homme surpris répondit gaiement : << Tout d’abord, suis-moi jeunot. >> Ils pénétrèrent dans la demeure :
<< Je veux bien t’héberger, ici tu y seras à ton aise, et tu pourras t’épanouir pleinement. Bienvenue Essaïon. >>
Il ne fit aucune suggestion quant au savoir de l’homme à son sujet, il sourit comme à son habitude, excité par tous ces grimoires tapissant les murs de l’endroit.

Il apprit incroyablement vite, en l’espace d’une année, à lire, à écrire, à converser correctement avec le langage humain. Il sut ainsi la géographie, il se situait sur L’île de la Parole, le plus au Sud-Ouest possible des gigantesques terres d’Aden. Il repéra aussitôt sur la carte, le lieu où s’étendait le bel hêtre, auprès de la forêt où nichait certainement sa mère. Aussi, il se découvrit une passion pour la nature qui l’entourait, et essentiellement l’observation d’étoiles. Son maître lui enseigna de plus à lire leur histoire ou à en inventer s’inspirant de leur grâce :
<< Les destinées sont cryptées dans les étoiles, à toi de savoir les écouter maintenant. >> lui avait-il soufflé.



Lors de sa 20ème année, son Maître considéra qu’il lui avait tout appris. Il lui donna le rang de Clerc, le titre de « Conteur d’étoiles », et ajouta qu’il devrait découvrir de lui-même à présent. Il décida de voyager, et en premier lieu de partir sur le continent, et son bateau partirait à l’aube. La nuit venue, il se précipita dans la forêt, et retrouva de suite la louve qu’il n’avait bien entendu pas oubliée. Elle était toujours au seuil du hêtre :
<< L’on savait que celui-ci reviendrait et l’on a préparé ceci afin que celui-ci se souvienne. Il aura juste à prononcer son nom. >> Elle pointa de son museau un étrange objet qui ressemblait de loin à un collier et il questionna :
<< - Mais quel est ton nom mère ?
- Les loups ne portent pas de nom. Mais pour celui-ci, ce sera Poledra. >>
Il sourit plus chaleureusement qu’à l’ordinaire et embrassa sa tendre mère. Le soleil se leva et il courut de tout son souffle jusqu’à l’embarcadère où le navire se trouvait. Il partit aussitôt. Le jeune homme se plaça à l’arrière afin de saluer et d'attribuer son plus éclatant sourire aux habitants de l’île. Il était heureux mais encore tout ingénu ce qui était sa plus étonnante faiblesse.
Ainsi, la bateau vogua, guidé par la bise du large qui susurrait un chant inaudible aux oreilles d’Essaïon, l’enfant de lumière ne connaissant pas ses origines, l’ingénu conteur d’étoiles…
Essaïon/Tyty/Anrak/Phantasme et plus encore.

¤~ L'Esprit va où souffle le vent ~¤
¤~ Haze Maze

Essaion
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Message par Essaion » sam. 9 juin 2007 à 21h29

Le jour venait tout juste de tombé et laissait encore quelques lueurs sur le ponant. C’était alors une belle nuit étoilée qui s’annonçait, comme à peu près tous les soirs depuis la vingtième année du petit conteur. Mais celle-ci était particulièrement calme. Dans les rues de Giran semblait s’installer une certaine douceur dans l’atmosphère, la place n’était que rarement aussi paisible. Les marchands restaient avachis, à moitié endormis devant leur camelote, et les quelques forgerons rafistolaient les dernières mailles de cotes abîmées ou lissaient avec vigueur un bout de lame émoussé. Rien ne paraissait troubler personne, l’air environnant étouffait même les rares chuchotements du groupe d’elfes et d’humains, appuyé sur le mur de l’enceinte de la place du Temple, qui observait de temps à autre les courageux travailleurs.

Le petit conteur, Essaïon de son nom, restait planté sur le haut des marches du Temple, quasi comme à son habitude, scrutant tantôt les quelques personnes errantes tantôt la faible mais envoûtante lueur des cieux, humant l’air frai de la fin de journée. Il frissonna de ce petit plaisir simple et ferma les yeux un instant. Une fugace brise vint jouer dans ses cheveux emmêlés, refroidir ses joues maintenant roses. Quand il rouvrit les paupières, ses yeux fixèrent l’étendue étoilée. En un instant l’une d’elle dégringola de la voûte bleu sombre laissant une longue traînée d’un blanc grisâtre scintillant avant de disparaître derrière la statue de la place. Dès lors, un sourire étincelant posé sur son visage, il descendit les marches en direction de la roulotte où il se reposait chaque soir. A la voir de loin, c’était vraiment un minuscule habitacle mais il lui suffisait bien assez pour pouvoir roupiller quelques heures.



Il allait se recouvrir d’un bout de couverture quand soudain…
<< Ne t’endors pas de suite, Essaïon, nous t’attendons. >> C’était une voix sereine, sage, ne laissant déborder aucune tonalité de méchanceté. Cette voix, il l’avait déjà entendue. Elle habitait dans sa tête quand celle-ci voulait s’adresser à lui.
<< Viens nous rejoindre à l’Endroit Qui Illuminera A Jamais, et annonce-toi au Gardien Des Cieux. >> Il obtempéra s’asseyant sur l’arrière de la roulotte. Il voulut lui poser une question en vain car elle avait disparu. Après tout, quel était ce lieu dont elle parlait ? Il réfléchit un instant et examina les astres au-dessus de sa tête… Un triangle sembla pointer vers l’Ouest… Tout à coup, une idée lui vint à l’esprit, comment avait-il pu ne pas y songer ? Il se précipita vers la Dame qui nous fait voyager de ville en ville, puis lui demanda poliment de l’emmener dans la citadelle de Gludin. Ce qu’elle fit.

Une fois arrivé à destination, il visa à nouveau la pointe du triangle et se dirigea avec certitude du côté de la sortie Nord de la ville. Gludin était bien plus calme encor que Giran, il n’y avait pas un souffle d’air, ni l’ombre d’une âme égarée. Les quelques habitants de la cité devaient déjà être couchés, bien qu’il restât encore un brin de lumière dans les chaumières, des filets de fumée s’égaraient dans l’étendu céleste. L’herbe, sous les pieds du petit conteur qui filait droit vers la butte de terre qui surplombait le port, était déjà toute humide à cause de la tombée de la nuit. Quelques lapins détalaient sans prendre le temps d’observer passer le petit homme étrangement pressé. La mer était d’huile, un parfait miroir pour capturer les rayons de Lune ou les points brillants du ciel. On ne remarquait l’horizon que grâce au halo de lumière qui s’y déplaçait de droite à gauche. Il parvint à un chemin de terre qui le mena directement devant le phare colossal.

Un homme semblait l’attendre les bras croisés, planté devant ce qui lui servait de logis. Essaïon ralentit le pas, tentant de reprendre son souffle le plus rapidement possible, car il était impatient de savoir ce qu’on voulait de lui. Il s’approcha alors d’un pas certain de ce mystérieux homme au sourire accueillant.
<< Bienvenue à toi, Enfant de Lumière. Je suis Perrin, Gardien des Cieux. Je te conseille d’aller jeter un œil derrière mon phare. >>
Essaïon lui offrit son sourire le plus éclatant en signe de réponse et s’engagea sur la terrasse qui menait à l’arrière de la bâtisse. Il s’arrêta net sans se retourner quand il perçut le son de l’herbe qui se plie sous le pas de quelqu’un. Un instant avant, un léger souffle d’air l’avait effleuré, mais ce qui était au contact de la peau de sa main maintenant paraissait beaucoup plus doux et soyeux. Il connaissait cette sensation, même très bien, au point qu’il en eut un pincement au cœur.
<< Comment es-tu arrivée jusqu’ici ? >> lança Essaïon, un nouveau sourire aux lèvres avec un simple étonnement. Le son qui sortait de sa bouche n’était pas un langage commun, compris de tous, mais plutôt une sorte de grognement sucré à l’oreille d’un homme normalement constitué. Il s’accroupit en effectuant un quart de tour sur lui-même pour se retrouver à la hauteur de la créature qu’il serra affectueusement dans ses bras. Sa mère, Poledra, la louve qui l’avait élevé, lui mordilla doucereusement l’oreille.
<< - L’on avait quelque chose à faire ensemble… Drôle de chose que font les humains ; ajouta-t-elle le regard vers le navire en contre-bas.
-Mais très utiles, Mère. Les humains ont-ils remarqué ta présence ?
- L’on sait se cacher, et l’on pense que le petit homme se soucis trop. >>
Il se mit à rire au éclat, un petit larme à l’œil à cause de cette retrouvaille inattendue puis il lâcha son étreinte.


L’instant d’après, ils s’approchèrent tout deux du pont suspendu à l’arrière du phare, le franchirent et arrivèrent sur une minuscule esplanade à base plus petit que l’endroit où ils se trouvaient. Comment un rocher conique pouvait rester planté ainsi sans bouger ? Etrange emplacement, mais la vue qui s’offraient à eux à ce moment valait le coût du vertige. Au centre du lieu se trouvait un amas de bois délicatement disposé, avec des pierres autour. Sans réfléchir, Essaïon en prit une brindille et concentra toute sa pensée vers elle.
<< Brûle ! >> Ce que le bout de bois fit. Il le plaça sous le tas de bois sec qui prit feu instantanément. Il s’assit devant en tailleur, sa mère à ses côtés, et leva les yeux au ciel semi-aveuglé par le feu.

A peine eut-il le temps de s’habituer au calme environnant qu’une voix survint de derrière la flambée ; la voix maintenant commune au petit bonhomme, et elle disait :
<< Bienvenue à toi, Enfant de Lumière, derrière l’Endroit qui Illuminera à Jamais. >>
Essaïon venait de remarquer sa présence, il était assis de la même façon que lui à sa droite. Une présence tellement posée qu’il ne sut quoi penser de cette étrange personnage qu’il voyait pour la première fois, mais pourtant qu’il connaissait si bien… Il avait un visage extrêmement serein, sans âge ; on aurait pu lire sur ses traits toute la sagesse du monde. Il observait tranquillement le feu. Essaïon remarqua que sa mère fit pareil, alors il pointa du regard un point inexistant à travers le feu.
<< - Sais-tu ce que je m’apprête à te dire ? commença posément l’homme, s’il l’on pouvait le qualifier ainsi.
- J’ai une tâche à accomplir, n’est-ce pas ? finit par répondre le conteur, fixant toujours ce point.
- Sais-tu qui tu es, petit ? >>
C’est vrai qu’il niait parfaitement tout de son véritable passé. Le dernier souvenir qu’il lui venait à l’esprit était Poledra… Et cet arbre. Etait-ce important après tout ? Il haussa les épaules avant d’ajouter paisiblement.
<< - Je suis l’Enfant de Lumière, tel que vous l’aviez dit, non ?
- Exactement. Et tu sais ce que çà signifie ?
- Je suppose que vous êtes là pour me le dire… ajouta-t-il souriant, et l’homme lui rendit son sourire.
- Nous t’avons donné raison d’être. L’arbre que tu connais bien est ton premier protecteur, et ta mère le deuxième, La Protectrice Nourricière. Ceci te donne accès à certains privilèges, comme tu as pu le constater peut-être. Ne t’es-tu jamais demandé comment tu as réussi à allumer ce feu ? Eh oui, et ceci n’est pas la seule chose dont tu es capable de plus que les autres, n’est-ce pas ?
- Je… Je peux… Voir ce qu’une personne est…
- Vois cela comme tu le voudras. Ton but t’as été transmis par ta mère elle-même et aujourd’hui nous allons continuer ton éducation. Tu as beaucoup de chose à faire. >>

Chose étrange, il n’en dit pas plus. Essaïon, attendant pourtant la suite, n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche. Il s’était levé sans s’en rendre compte. L’homme avait fait la même chose au même instant. Il s’approcha d’un pas et effleura de son index le front du jeune humain. Aussitôt une multitude d’information entra dans sa tête encore juvénile. Puis une seconde plus tard, ce qui lui avait semblé être 3 jours, l’homme enleva son doigt laissant Essaïon tout abasourdi.
<< Il est temps que je parte, maintenant. Je t’ai transmis ce que tu as besoin de savoir, ni plus, ni moins. Tu chercheras, tu trouveras et tu aideras Ceux Qui Cherche Leur Ame, ils ont besoin de toi. N’oublie pas tes compagnons de quête, La Petite Dame Qui Ecoute, Le Prêtre Errant Et Perdu, L’Elfe Taciturne, La Dame Aléatoire et Le Mâle Imprévisible. Eux sont déjà prévenu d’une façon plus ou moins explicite. Peut-être L’Amie A La Face Cachée se montrera un jour à toi. Vous serez unis par le même but, la même obstination. Trouve-les, et ensemble formerez une guilde, plus puissante que toute confrérie. On vous nommera « Les Sélénites ». La Lune est le Premier Guide, les étoiles sont l’Histoire. A vous de disposer les astres pour modifier ou non le destin des Déchus. Dis leur ce qu’ils ont besoin d’entendre. Aide les à trouver le chemin. C’est à toi, en premier lieu, de pénétrer dans la voie, mon Enfant. Nous ne serons jamais loin. Au revoir. >>
Sur cette longue et sèche tirade, il s’éleva un moment, et disparut dans la voûte étoilée laissant Essaïon bouche bée qui s’affala de son long dans l’herbe, une dernière image en tête : un amas d’étoiles paraissant le dévisager.




Le feu maintenant presque éteint fit crépiter une dernière fois les quelques braises restantes. On entendit au loin un tintement de cloche, un craquement de bois, un claquement de voile. Un museau froid se posa sur le front d’Essaïon, puis un coup de langue baveux lui chatouilla la joue. Le faible son d’un pas léger et furtif s’éloigna petit à petit… Il se s’assoupit de nouveau…




La fraîcheur du petit matin se fit sentir sur les jambes du petit homme. Il risqua l’ouverture d’une paupière et aperçut un Soleil aveuglant à travers son oeil vitreux. Il passa tout de suite son bras sur sa tête en gémissant. Il remarqua alors qu’une couverture était posée sur son corps et que ses pieds dépassaient de quelques centimètres.
<< - Bonjour ; dit une voix fluette au dessus de lui.
- Qu… Quoi ?
- Tiens ! Redresse-toi et mange un peu, il faut que tu reprennes des forces. >>
Il opina du chef et serra ce qui semblait être un fruit que la personne à la voix délicate venait de poser dans sa main. Il ouvrit petit à petit les yeux et se trouva nez à nez, c’était le cas de le dire, avec une petite frimousse d’enfant coquette.
<< - M…Merci. Mais qui es-tu ? demanda-t-il croquant un bout du fruit succulent et très sucré.
- Paprika ! répondit-elle rapidement en se levant d’un bond. Tu es enfin réveillé, çà fait trois jours que tu dors à point fermer. Et puis…euh… Enfin… Est-ce grave si j’ai tout entendu ?
- De quoi parles-tu ? fit-il en se grattant le front de son autre main. >>
La petite naine sembla toute embarrassée mais avec le sourire en réponse à son hésitation du jeune homme l’encouragea à raconter son histoire. D’après ce qu’elle disait, elle le cherchait depuis près d’un mois et s’était retrouvé le même soir que lui au phare de Perrin. Essaïon, à ces mots, se souvint d’une réplique de l’homme sans âge : « La Petite Dame Qui Ecoute ». Il était certain maintenant qu’il s’agissait de cette naine se nommant Paprika.

Au grand étonnement de cette dernière, toute rouge, plus gênée que jamais, il se mit à rire au éclat. Elle ne put bien évidemment pas résister à ce rire si chaleureux et se mit à glousser à son tour. Une fois calmés tous les deux, Essaïon lui expliqua plus précisément ce qu’ils étaient.
<< Tu vois, nous sommes là pour aider ceux qui en ont besoin. Nous devons leur montrer la voie, la cause que nous défendons. La droiture, la tolérance, la fraternité, le Bel Esprit sont quatre choses véritablement importantes pour savoir ce qu’on doit faire de notre peau. Nous devons leur apprendre la divergence d’opinion, nous les éduquerons pour qu’ils sachent avec précision leur raison d’être. Et çà, qu’ils soient bons ou mauvais. Mais en aucun cas, il faut choisir à leur place. Ils sont libres. Nous avons le devoir de les aider à choisir eux-même ce qu’ils deviendront. Nous serons un peu comme un moulin, nous accueillerons, soignerons, nourrirons et laisserons les choses se passer. >>

La petite dame était à l’écoute la plus totale, elle n’en avait pas laissé une miette de côté. Elle sourit à la fin du discours et se mit à ruminer quelques minutes, puis…
<< - Je viens avec toi ! Après tout, je te cherchai parce que je devais savoir une chose… Je ne sais pas comment… C’est dur à expliquer… balbutia-t-elle avant de soupirer.
- Certaines choses ne s’explique pas, tu sais. Nous devions nous rencontrer, c’est tout ! ajouta Essaïon avec certitude. >>
Ils parlèrent ainsi pendant deux jours, de tout, de rien, du beau temps, de leur façon de penser. Le petit homme appréciait particulièrement les repas, son amie était vraiment un as en cuisine. Et ses Elpys rôtis… Son hydromel maison…



Un beau matin, ils partirent bras dessus, bras dessous en direction de Gludin, heureux de cette rencontre, faisant signe de loin à l’ami Perrin, le gardien du phare déjà au travail. Le Soleil asséchait déjà la rosée déposée sur l’herbe verte de la plaine. Les portes de la Cité s’ouvrirent devant eux, il était tôt, et les gardes semblaient dégriser de leur beuverie hebdomadaire, ce qui expliquait l’heure inhabituelle d’ouverture des remparts. Les commerçants, eux, étaient d’humeur joviale. Certains riaient aux éclats, à leur grand désespoir, en voyant tituber deux ou trois gardes ayant dû abuser de la bière la veille. Un mendiant, que le mur retenait par le dos, discutait avec un homme encapuchonné. A la grande surprise des deux amis, le mystérieux homme fit un geste de la main, laissant apparaître une assiette de nourriture entre les jambes du quémandeur. Après cela, il partit un peu plus loin s’affaler contre le pilier d’un magasin. Il se fit aussitôt chasser par un commerçant…

Paprika décida d’aller lui dire un mot ou deux. Essaïon la suivit de près aussi intrigué qu’elle.
<< - Drôle de journée, n’est ce pas ? lança la naine, en se plaçant juste devant le nez de l’homme.
- Pas plus qu’une autre, damoiselle… répondit-il d’un ton las
- Que fais-tu de tes journées alors ? coupa Essaïon, avant que son amie réplique.
- J’erre… Je répares trucs et objets, par ci, par là.
- Et tu fais apparaître de la nourriture… souligna Paprika.
- Quel est ton nom, faiseur de bien ?
- … Echtelion… Ecoutez… ; hésita l’homme maintenant décapuchonné. >>



Il leur expliqua sa triste vie vagabonde. Son discours mit puce à l’oreille du jeune conteur, qui ne l’écoutait pas vraiment, mais il savait déjà qui il était. Une étrange sensation s’installa dans sa tête, c’est alors qu’il comprit ce qu’il devait faire. Dans la foulée du récit d’Echtelion, il lui dit ce qu’il avait besoin de savoir, c’est-à-dire la même réplique qu’à la petite naine. C’est ainsi qu’ils apprirent à se connaître et il devint leur nouveau compagnon de route.
<< - Mais, dis-moi, Essaïon. Pourquoi Les Sélénites de Luperca ?
- Sélénite fait référence à la Lune qui est le premier guide comme je te l’ai expliqué. Luperca… Je ne sais pas trop… Luperca est une Déesse, comme probablement l’homme sans âge qui m’a tout appris, et c’est La Mère Nourricière. Celle qui nous a donné vie et qui nous a élève. Ma mère doit être une Disciple de Luperca. Est-ce un hommage ? Va savoir… >>
Sur ces mots, il se perdit dans ses songes. Mais Echtelion brisa le silence.
<< - Drôle de troupe… Un conteur pour distraire, une petite dame pour nourrir…
- Et un magicien bienveillant ! coupa Paprika enfonçant la capuche du mage sur sa tête pour lui couvrir les yeux. >>
Elle courut en pouffant de rire. Essaïon lui pinça le nez à travers le bout de tissu et suivit Paprika en riant au éclat à son tour. Echtelion resta planté un moment et partit en essayant de les rattraper en jurant…



<< Voilà, les premiers sont enfin réunis… Voyons maintenant comment les choses prennent forme. Laissons les quelque temps, ils sauront tôt ou tard ce à quoi ceci les amènera… >>
Puis, la voix se perdit dans le néant…
Essaïon/Tyty/Anrak/Phantasme et plus encore.

¤~ L'Esprit va où souffle le vent ~¤
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