Ici se trouvent les BGs des héros décédés, paix à leurs âmes.
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Quelqu'un
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par Quelqu'un » ven. 4 juillet 2008 à 09h33
Chapitre I : L'Ere Spirituelle, ecchymoses d'un temps passé.
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- "[...] et vint alors ce qui fut appelée "la Lune Sanglante". Les prêtresses de la cité d'Elytra'th, les Miwares, partirent en pélerinage pour célébrer la seconde lune, porteuse d'après les mythes de fécondité. Les chevaliers du Temple, les Faërys, eurent alors pour mission d'escorter cette marche silencieuse et salvatrice qui devait durer trois cycles lunaires. [...] et les soleils se couchèrent, et les lunes se levèrent, mais personne ne revint. [...] La cité d'Elytra'th sombra peu à peu dans les ténèbres. Les Tétrarches tentèrent vainement de s'occuper des nombreux orphelins et des vieillards, mais la tâche était si importante que beaucoup périrent, faisant de l'ancienne puissante cité elfique qu'une ville fantôme."
"[...] des Tétrarches. Lors de la seizième augure du vent, un miracle se produisit dans ce qui fut nommée la "Cité Abandonnée". Marefwen Qiist'loh, Miware disparue lors de "la Lune Sanglante", refit son apparition au sommet de la colline surplombant Elytra'th. Accompagnée d'un illustre inconnu, elle le présenta à la Cité tel "son sauveur". Ils furent acclamés tels des héros, et leur retour fut fêté avec une allégresse qui avait quittée depuis bien longtemps ces terres. [...] Ils relatèrent les faits de ce sombre pélerinage, où une troupe d'Elfes leurs tendit une embuscade dans la forêt logée sur les hauteurs de la cité Runique. Ils furent les uniques survivants. Ces révélations furent les prémisses des "Croisades Vengeresses", vastes mouvements de répression contre les "peaux blanches". [...] Marefwen fut proclamée Grande Miware, et son retour ramena la vie à Elytra'th ainsi que le bonheur de sa petite fille, Jeilynn."
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- Les jours passaient et se ressemblaient, mais la petite Jeilynn ne semblait guère sans soucier.
Digne descendante d'une lignée aristocrate Elytra'thienne, son enfance fut baignée dans le calme et la volupté, la piété et la tolérance, les idéologies transcendantales et la stricte discipline. Fille d’une mère Miware et d’un père Faëry, elle était la représentation même d’un modèle de réussite sociale et culturelle.
Sa peau halée et ses traits fins contrastaient avec la force de son regard aussi noir que les nuits sans lune et ses cheveux blancs comme neige. Beaucoup la comparèrent à une poupée tant elle était discrète, toujours emmitouflée dans ses petites robes immaculées en dentelles, cachant son corps déjà bien en chair. Mais elle était beaucoup trop effacée pour sa mère pour être digne d’être comparée à cela.
En effet, sa discrétion la faisait toujours passer en second plan lors de cérémonies ou de marches salvatrices, au grand désarroi de sa génitrice qui voulait faire d’elle la plus grande Miware de la Cité. Les prières devinrent plus longues, les lectures aliénantes et la discipline totalitaire. Mais rien n’y faisait, et la petite Jeilynn bascula peu à peu dans un mutisme profond.
Pendant de longs cycles lunaires, aucun son ne sortit de sa bouche. La comparaison avec la poupée prit alors enfin tout son sens. Elle était là, toujours, aux côtés de sa mère. Mais pas un bruit. Pas un mot. Pas un geste. Elle était là, tout en étant ailleurs.
Sa mère fut bien contrainte, malgré ses espoirs de faire d’elle une Miware reconnue, d’arrêter d’inculquer les mythes et légendes transcendantaux à la petite Jeilynn, et lâcher la bride de son éducation ferme et droite.
Peu à peu, la petite fille qui avait déjà alors bien grandit, ouvrit à nouveau ses deux petites lèvres vermeilles pour laisser enfin le plaisir à la Cité d’Elytra’th d’entendre à nouveau sa douce voix cristalline.
[…]
Dès les premières aurores de son adolescence, Jeilynn était déjà une petite femme accomplie et épanouie. Après les événements d’antan face à une autorité trop importante, sa mère la laissa libre de choix, au grand bonheur de sa fille. Ses journées étaient agrémentées de promenades, de lecture des grimoires de la Bibliothèque et de rêveries. Elle se perdait entre les lignes de ces écrits légendaires, s’abandonnant aux douces folies éphémères de s’imaginer Reine, Déesse ou fière guerrière. Son sourire était la satisfaction de ses parents, bien au-delà d’une vie destinée à être bridée par le Temple et ses traditions.
Son père prit une importance plus grande dans le cercle des Chevaliers du Temple, et ses absences furent plus accoutumées. La jeune fille passa alors la plupart de ces années-là aux côtés de sa mère, à la suivre lors de ses marches dans la seule optique de découvrir le monde et ses facettes.
Puis vint le sombre jour du pèlerinage pour la seconde lune. Elle fut confiée aux Tétrarches, comme tous les autres enfants, pendant ces trois cycles lunaires. Les Miwares et les Faërys partirent alors, laissant la Cité bien silencieuse. Lors de l’annonce de leur disparition, la jeune Jeilynn fut détruite. Les pleurs et les prières signaient ses journées, et elle se tourna à nouveau vers le Temple pour espérer inconsciemment que ses parents, fiers d’elle, reviendraient alors. Peu à peu, Elytra’th bascula dans les ténèbres. Les anciens décédèrent jour après jour, et de nombreux orphelins s’enfuirent à la recherche de leurs parents. Jeilynn priait chaque jour de longues heures, de l’aube au crépuscule, du crépuscule à l’aurore.
Son sourire alors si cher avait disparu en même temps que ses parents.
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- "[…] .. de la nuit. " Les Croisades Vengeresses" débutèrent par une guerre lancée contre le village Hyralwën, petite cité elfique cachée dans les hauteurs de Rune. Les nouvelles recrues Faërys de la Cité partirent au combat contre ces êtres qui terrassèrent les leurs lors de "la Lune Sanglante". Le village étant juxtaposé au sentier battu où passait habituellement le pèlerinage, il fut vite désigné comme responsable de cet affront. […] Le combat fut peine perdue par les Hyralwënois, non préparés à cette bataille qui fut un véritable massacre. Les étendues verdâtres de leur village n’étaient plus qu’un tapis de peaux blanches immaculées d’un sang rédempteur. […] Le village de Shaerfen, jumelé à celui d’Hyralwën, ne se fit point attendre pour des représailles. Leurs puissants magiciens maîtrisant les arcanes de l’eau engloutirent la Cité d’Elytra’th, se situant au fond d’une vallée perdue dans l’Est. Les pertes furent colossales, et on nomma cette triste bataille "la Sombre Inondation". […] Les rares survivants de la Cité d’Elytra’th ne purent alors qu’admettre leur défaite et s’enfuir de leurs terres, tels des bannis. […] Ce fut la fin de la Cité."
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- « - Ilhar.. Vel’klar ph’ dos ? Ilharn uk zhaz wun bwael afya ? Usstan tlun stre… »
Les mots de Jeilynn s’envolèrent au gré du vent, emportés par les bourrasques de tristesse de la Cité. Son regard se perdit au loin. Au-dessus des montagnes. Au-delà les mers. A travers les terres. Elle attendait vainement un signe de vie quelconque de ses mânes. Un signe qui lui permettrait enfin de trouver le repos et atténuer ses peines.
Mais il n’y eut rien. Qu’un profond et lourd silence en guise de réponse ; seule face à son destin.
« - Jeilynn... Yinvezz Jeilynn… Doer xuil udossa, qualla… »
La douce voix qui rompit le silence fit sortir la Sombre de ses rêveries. Elle se retourna et fit face à un des Tétrarches la fixant avec un regard compatissant. Honteuse, elle baissa les yeux au sol, tentant de ravaler les dernières larmes dont son corps était encore capable de donner.
« - Dos talinth nin phull dro ?
- Usstan kestal, dalhar… Usstan kestal. »
Jeilynn, à ces mots, fondit en larmes dans ses bras. Cette chose aurait été un véritable affront auparavant, tant les castes étaient strictement découpées. Mais, après la Lune Sanglante, plus rien n’était pareil. Les valeurs et traditions avaient disparu avec ce funèbre pèlerinage.
Seule la prière demeurait, tel le dernier espoir de tout une Cité.
[…]
Ce matin là, tout était pareil. Encore, et encore. Les mêmes rituels quotidiens qui agrémentaient la vie de Jeilynn depuis la disparition de ses mânes. Le réveil. Lourd. Dur. Puis la prière. Longue. Profonde. Et les larmes. Encore. Toujours.
Ce matin là, tout était pareil. Du moins, jusqu’au zénith.
Alors que les habitants d’Elytra’th vaquaient à leurs occupations tels des damnés attendant leur heure, un miracle se produisit. En haut de la falaise, une ombre se dessina dans les rayons de l’astre solaire. C’était Elle.
Tous les habitants accoururent alors vers cette apparition, laissant pioches, grimoires ou marmites dans leur précipitation. Jeilynn, abasourdie par une telle réaction des citadins sans en connaître la raison, se mit à son tour à les suivre. Quelques mots filtrèrent à travers le brouhaha de la foule se ruant vers les hauteurs, paralysant de stupeur la jeune Sombre. « Siltoz ». « Doer rath ». « Il ».
« - Ilhar… Ilhar ? ! »
Sa course devint alors effrénée, obsédée par le maigre espoir qui pouvait s’offrir à elle. Ses pieds glissaient dans la boue, la faisant chuter lourdement au sol. Mais rien ne l’arrêtait. Elle continuait de courir. Encore, et encore.
L’espoir fit voler ses pas.
Elle se glissa alors parmi les premiers habitants arrivés au sommet, les bousculant sans pudeur à l’aide de ses frêles bras. Les contours opaques de la silhouette se dessinèrent alors sous ses yeux larmoyants.
Oui, c’était elle. C’était bien elle. Marefwen. Sa mère.
« - Ilhar ! »
La jeune Sombre se précipita alors vers elle et s’écroula à genoux dans la boue, serrant fermement dans ses bras les jambes de sa mère. Les larmes de peine furent transformées en larmes de joie et les sillons sur ses joues rosées en devinrent presque poétiques.
« - Ligrr, usstan tlun doer rath..
- Oh Ilhar, usstan ssinssrig dos ji mzilt ! »
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- "Ssuth, ussta dalharen, ssuth !
Usstan orn tlu dosst da'uren.
Vaen sarol d'larsten.
Whol untaramar glarnan,
Nind kuuv belbau udossa.
Ssuth, ussta dalharen, ssuth !
Usstan orn tlu dosst rahi.
Vaen link ulu l' dro.
Vel'bolen lassrinn l'link.
Ulu udossta lodias zotreth.
Ssuth, ussta dalharen, ssuth !
Usstan orn tlu dosst solen.
Vaen ajak buki,
Tu'jol l' aluve',
Naubol orn tlu gotfrer."
____________________________________Tétrarche Lashez'wen,
________________________________________Poème retrouvé lors de la Sombre Innondation
__________________________________[ image externe ]
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[Pièce jointe: Traduction approximative du poème.]
Dernière modification par Quelqu'un le mer. 9 juillet 2008 à 15h19, modifié 7 fois.
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Quelqu'un
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par Quelqu'un » mar. 8 juillet 2008 à 12h40
Chapitre II : Purgatoire d’un renouveau, de la catharsis à l’oubli.
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- "[…] du village. Depuis cette fuite, Mère était étrange. Son retour m’apporta un tel bonheur que je ne vis auparavant cette subtile différence en son comportement. […] Je lui en voulais tellement d’avoir remplacé Père si aisément par cet inconnu. Elle semblait folle amoureuse, aliénée par le simple contact de ses lèvres. Je la voyais sombrer peu à peu sous le joug de cet homme. Il la faisait vaciller dans les ténèbres. […] Je haïssais cet inconnu. Ses airs tendancieux m’horripilaient. Oh non.. Je ne tombais pas si aisément dans le panneau telle Mère. Pour moi, il n’avait point sa place ici. Il n’était qu’un ensemble de matière et d’esprit siégeant sur le fantôme de Père. Il n’était rien d’autre qu’une présence indésirable. […] Mais il était là. Derrière la protection de Mère. Mes paroles étaient vaines et mes gestes futiles. Il resterait. « Encore et toujours » disait-elle. Et ce n’était que de mon devoir que de m’accommoder à la présence étrangère de ce dénommé Esta."
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- Les jours passaient lentement. Chaque seconde était une seconde de perdue. Chaque. Et la jeune Jeilynn se laissait porter par le courant infernal de ce temps aussi bien malicieux que pervers.
Elle n’arrivait point à s’adapter à cette nouvelle vie. Le village était sombre. Les habitants étaient lugubres. Et le paysage était stérile. Tout en dehors de cette grotte n’était que des étendues mortes de terre, asséchées par les méandres du temps. Les arbres n’étaient que des carcasses de branches dont l’échine flanchait sous le poids de cette vie. Le sol n’était qu’une terre cisaillée par les guerres et les conflits, offrant des paysages arides et déserts.
Tout n’était que désolation et ruines.
Il en était de même dans la tête de la jeune Sombre. Tous ces changements lui faisaient aussi peur que mal. La présence de ce nouvel homme dans leur vie était le plus doux des poisons. Chaque regard qu’il lui portait était digne de la plus belle sentence qui soit. Elle savait qu’il la haïssait. Et elle le lui rendait si bien. Mais sa Mère, absorbée par l’ombre de son nouveau conjoint, ne devenait qu’un pantin stupide se mouvant sous les simples paroles de celui-ci.
L’ancienne Grande Miware n’était plus qu’un réceptacle vide. Un calice dont la contenance n’était que l’amour pour cet inconnu.
Esta. Il s’appelait ainsi. Mais Jeilynn ne l’appelait pas. Elle ne lui parlait point non plus. Et elle tentait de continuer à survivre dans ce monde qui n’était pas le sien en ignorant sa présence. Mais rien n’y faisait : il était là, et destiné à le rester. Un profond mutisme régnait entre les deux, et sa Mère ne semblait pas s’en soucier. Peu à peu, elle délaissa sa fille pour ne se consacrer qu’à son conjoint. La douleur que cela occasionna n’en fit que plus douloureuse.
Jeilynn se sentait seule au monde. Et seule face au monde.
Le nouveau Manoir prit peu à peu les couleurs d’Esta. Les lumières de la demeure disparurent lentement sous ses ordres. Marefwen dressa de grands rideaux devant les fenêtres et fit clore la cheminée dont la flamme était trop ardente. Les seules lueurs que l’on pouvait percevoir n’étaient que des chandeliers posés ici et là, dont la lumière tamisée ne faisait que danser les ombres sur ces tristes murs.
Avec l’obscurité vint la froideur. Toute la maison baignait dans une ambiance glaciale et lugubre ne faisant qu’accroître les ténèbres qui s’en emparaient peu à peu. Chaque râle ou soupire étaient accompagnés d’une fumée rappelant que la Mort rôdait dans les couloirs, et que ce froid n’était que les prémisses des châtiments qu’elle nous ferait subir.
Un sombre destin se dessinait lentement.
Marefwen et Esta n’étaient que des ombres errantes en cette demeure, se complaisant dans le luxe et la volupté, n’existant que dans leurs faibles lueurs des chandeliers. La jeune Jeilynn, quant à elle, s’enfonçait de plus en plus dans la solitude et le désarroi.
Elle était actrice d’une pièce qu’elle ne connaissait pas, et le public semblait impitoyable.
Puis vint le jour où la peine se transforma en insolence, et où la peur devenue haine. Les mots étaient de plus en plus rudes entre l’homme et sa belle-fille. Les critiques étaient leur seul langage, et les insultes en étaient ses déviances. Le ton montait de plus en plus, chaque jour, chaque lune. Les menaces fusaient aussi bien qu’ils respiraient, et Marefewen restait passive dans cet affrontement qui semblait éternel.
Tapissée dans la pénombre, la guerre fit rage avec violence. Jeilynn lui reprochait de n’être qu’un imposteur qui ne remplacerait jamais son père. Et Esta lui répondait qu’elle n’était rien qu’une charogne indésirable dans cette demeure.
Et le drame se mit peu à peu en place. Toutes les pièces étaient réunies pour offrir à ce Manoir le plus sombre spectacle qui lui avait été donné de voir.
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- "[…] Je lui en voulais tellement. Peu à peu, je la voyais s’éloigner de moi. Elle prenait un chemin bien différent du mien, et Esta était son funeste guide. Nos routes avaient beau se croiser parfois, l’intersection de nos rencontres n’en était que froide et insipide. […] Mère avait tellement changé qu’il en devenait dur pour ma frêle personne de l’appeler encore « Mère ». Je ne la reconnaissais pas. Elle n’était qu’un fantôme mouvant de-ci de-là mais dont le cœur avait été offert en sacrifice pour son amour. Son âme errante devenait passive à tout ce qui s’accomplissait, elle qui, avant, débordait d’énergie et d’ambitions. Ce n’était qu’un miroir terni du reflet ténébreux de son conjoint."
"Avec son retour, on pensait qu’elle apporterait la félicité, mais ce fut une malédiction. Elle amena les Croisades Vengeresses, la Sombre Inondation, mais surtout ; elle amena Esta. Mère ne fut que porteuse de tristes événements qui signèrent la fin d’un peuple, et aussi d’une famille. […] N’est-elle que le jouet du destin, ou ses desseins sont-ils beaucoup plus mystérieux que quiconque aurait imaginé ?
Entre prêtresse et pécheresse, Mère ne fit qu’un pas."
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- C’était une nuit sans lune.
La pénombre avait englouti le village de son voile opaque. Quelques flambeaux au détour des rues osaient braver les ténèbres pour éclairer de leurs flammes vacillantes les contours des rues. Des ombres inquiétantes dansaient sur les murs, dans un silence lourd et pesant.
C’était une de ces nuits sans lune où quiconque oserait braver la nuit était considéré de fou. C’était une de ces nuits sans lune où les prières étaient plus longues et plus intenses, dans la peur d’un sombre présage. C’était une de ces nuits sans lune où la vie disparaissait pendant de longues heures derrière la robe du crépuscule.
C’était une de ces nuits sans lune où le pire arriva.
La jeune Jeilynn, emmitouflée sous ses couettes, lisait un grimoire sous la faible lueur du chandelier. Des récits et des légendes. Seule déviance dans laquelle elle osait perdre son esprit pour fuir la réalité. Son regard s’aventurait entre les lignes, son cœur s’envolait à travers les mots et son âme s’imprégnait des pages.
La lecture avait été depuis peu son seul leitmotiv pour survivre en ce Manoir.
Soudainement, un craquement dans un coin de sa chambre l’arracha de sa lecture dans un sursaut. Elle se saisit précipitamment du chandelier et le tendit face à elle pour éclairer la source de cet étrange bruit. Elle le vit. Dans l’encadrement de la porte. Il était là, à la regarder, caché dans la pénombre, de son regard sombre et flegmatique.
Un terrible affrontement du regard tenait lieu à une quelconque parole qui aurait été futile.
La jeune Sombre se leva alors lentement et s’approcha de lui sans osciller, le visage froid et les traits serrés. Puis, elle posa sa main sur la porte et la referma violemment sur la silhouette d’Esta. Elle resta alors quelques instants sans bouger face à la porte. Elle n’entendait aucun bruit. Etait-il parti ?
Puis, dans un profond soupire, elle regagna son lit et se saisit à nouveau de son grimoire pour reprendre sa lecture.
Un long grincement se fit à nouveau entendre. Jeilynn porta son regard sur la porte pour la voir s’ouvrir lentement, laissant les contours flous d’Esta se dessiner à nouveau dans la pénombre. Dans un excès de colère, la jeune femme se dressa à nouveau pour aller refermer sa chambre en le vitupérant du regard telle une immondice dont elle aimerait se débarrasser. Il ne réagissait pas et continuait de la fixer, sans un mot. Elle mit sa main sur la poignée pour la refermer quand soudainement, l’homme attrapa son poignet pour l’empêcher de le faire.
D’une voix douce et posée, il prit la parole.
« - Ainsi, tu me hais tant que ça... »
Jeilynn le regarda dans les yeux et tenta de retirer son bras de son emprise d’un geste brusque, vainement. Sa force était incroyable. Il semblait ne donner aucun effort pour maintenir sa prise mais celle-ci était dur comme fer.
La jeune Sombre ne répondit pas, continuant de le regarder dans les yeux avec une lueur de défi.
« - J’ai lu ton journal, ma jolie. Je ne savais point avoir des airs tendancieux... »
Le cœur de la Sombre s’emballa alors.
Il l’avait lu. Il avait osé pénétrer son intimité pour s’abreuver de ses confessions et de ses ressentis. Il savait tout à présent. Il savait à quel point elle le haïssait, lui et ses ténèbres. Et Jeilynn n’en devint qu’impuissante.
Elle tenta alors à nouveau de retirer son bras, mais l’emprise se fit plus forte, lui arrachant un petit cri aigu l’obligeant à mettre un genou au sol sous la douleur. Il continuait de la fixer de haut, telle une vulgaire sous-fifre à ses pieds. Un maigre sourire se dessina en coin de son visage. Un sourire carnassier où la folie prenait tout son sens.
« - Est-ce que cela est un air tendancieux ? »
Il la gifla violemment, envoyant un filet de sang sortir de la bouche de Jeilynn pour s’écraser sur le sol boisé. Elle poussa un cri de douleur qui ne fit qu’agrandir le sourire d’Esta. Il savourait ses instants de domination où tous les pouvoirs étaient dans le creux des mains. Il prenait un plaisir incommensurable à être dans une telle situation.
« - Eh bien, pourquoi tu ne réponds pas ? »
Une deuxième gifle claqua sur le visage doux de la Sombre, provoquant un autre cri qui se répercuta sur les murs du Manoir. Ce second coup lui arracha une larme tant la douleur était forte. Elle savait qu’il allait la tuer. La rage était trop grande dans ses yeux pour n’être qu’un excès de colère. Il avait décidé de régler ses comptes, et il allait signer sa tranquillité par son sang.
Dans un ultime geste de désespoir, Jeilynn attrapa de sa main libre le chandelier pour donner un coup au visage à Esta qui recula d’un pas en poussant un râle. La jeune fille se traîna alors au sol assez loin de lui en brandissant son arme de fortune telle la plus vaillante des épées. Elle l’agitait devant elle pour l’empêcher d’approcher, faisant vaciller la flamme sous les mouvements brusques. Ce sombre spectacle se répercutait dans une danse ombragée sur les murs de la chambre.
Jeilynn regardait l’encadrement de la porte pour essayer de distinguer l’homme dans la pénombre. Son regard était voilé par la douleur, et sa respiration haletante résonnait avec son cœur battant la chamade, faisant de seul bruit le plus funeste des requiems.
Soudainement, elle se figea. Elle sentit le souffle chaud de l’homme sur sa nuque. Sa main se mit alors à trembler alors que ses yeux écarquillés s’embuèrent de larmes.
Les lèvres d’Esta effleurèrent son oreille pour murmurer dans un soupire :
« - Tu as perdu, ma jolie. »
Les deux doigts de l’homme passèrent à côté de son visage et pincèrent la flamme du chandelier pour l’éteindre.
Un cri résonna dans le village, lors de cette nuit sans lune. Puis, le silence.
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Quelqu'un
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par Quelqu'un » jeu. 24 juillet 2008 à 02h13
Chapitre III : Le Roi dominant, la Reine chancelante, et le Pion ensanglanté.
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- "La mort est le plus doux des poisons qu’il soit. On la voit arriver, lentement. On contemple la vie nous quitter avec notre sang. Chaque goutte est un souvenir que l’on perd dans le vague océan de l’oubli. Les larmes, quant à elles, sont les ultimes prières silencieuses et rédemptrices d’un fardeau que l’on ne veut point supporter. Mais nous ne pouvons rien. Nous ne sommes que les jouets du destin. […]
Je sens peu à peu la mort m’envahir. La Faucheuse procède à sa triste danse avec parcimonie. La rage transgresse la peine, qui elle même s’enfuit au deçà de la haine. Les questions martèlent mon esprit aussi puissamment que le marteau de Maphr’. Tout se bouscule, se mélange. Mon âme flanche sous cet afflux de pensées. Les réponses ne sont que d’autres questions. […]
Je me perds peu à peu dans cette spirale sans fin qu’est le néant.
Mes rêves s’écoulent de mes yeux, et mes espoirs s’échappent de mes blessures. La jeune petite fille qui se voyait souveraine en lisant contes et légendes me quitte. Je la vois partir, sans se retourner. Elle fuit cette destinée qui fut écrite avec son sang. Non, ne pars pas ! Non…
Les ténèbres m’envahissent.
Et la petite Jeilynn disparaît en leurs abysses."
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- La lumière chancelante de la Lune filtrait à travers les minces rideaux de la chambre. Le visage flegmatique et impassible d’Esta était éclairé par cette douce lueur tamisée, accroissant les belles courbes de ses traits. Il restait immobile, assis sur le lit, le regard perdu au sol. Les quelques gouttes de sang parsemant son visage s’écoulaient sur sa peau halée pour s’écraser sur sa tunique auparavant immaculée. Tout son être semblait baigner dans un encéphale de calme et de volupté, mais le contraste de son apparente attitude et de la quantité incroyable de sang le recouvrant ne permettait pas de se laisser berner par une telle illusion.
Il resta ainsi de longues minutes, les mains posées sur ses jambes, tel un petit enfant sage.
« - Ussta ssinssrigg, doer ulu cal. »
La voix féminine et cristalline de Marefwen résonna dans la sombre demeure, brisant le silence lourd et pesant qui régnait en maître depuis déjà de longues minutes. D’un mouvement lent et las, Etsa se leva et s’avança pour saisir le chandelier encore fumant au sol. D’un geste habile, il en ralluma les bougies et fit entrer un peu de lumière dans cette chambre empestant la mort. Il regarda le corps inanimé de Jeilynn une dernière fois, contemplant la macabre œuvre dont il était l’artiste. La peau si jeune et douce de la jeune femme était recouverte d’hématomes et de sang, sillonnée par de profondes entailles provoquées par un acharnement bestial. Ses longs cheveux blancs baignaient dans ce liquide rougeâtre qui s’emparait peu à peu du plancher, s’infiltrant dans les rainures du bois.
« - Ussta ssinssrigg…
- F’sarn doer. »
Il s’approcha du cadavre de la jeune femme et lui caressa la joue de la paume de sa main, telle une ultime offense. Puis, il s’engouffra dans l’encadrement de la porte, baignant dans l’halo de lumière émit par son chandelier.
Les ténèbres reprirent possession de la chambre et s’emparèrent du corps de la jeune Jeilynn tel un cercueil.
[…]
Le repas était silencieux et glacial. Etsa et Marefwen mangèrent chacun en bout de table, laissant entre eux une assiette encore fumante face à une place vide. La Prêtresse ne semblait guère se soucier d’où était sa propre fille, et continuait de se délecter de sa préparation en se perdant quelques fois dans le regard de son époux.
Puis, d’une voix vide d’émotion, l’homme prit la parole.
« - Il orn naut doer. »
Marefewen arrêta alors la cuillère à quelques centimètres de ses lèvres et la reposa délicatement dans son assiette après quelques instants. Elle regarda alors Etsa pour attendre la suite des explications, silencieuse.
« - Usstan elgg ilta. »
Les mots tombèrent aussi froidement que sèchement, mais aucune émotion transgressa le visage doux de la Prêtresse. Elle fixa son époux pendant de longs instants dans les yeux, avant de reporter son attention sur son assiette et de reprendre sa cuillère en main.
« - Jugare. »
Elle approcha la cuillère de ses lèvres dans un nouveau silence pesant quand soudainement, une vitre fut brisée avec fracas à l’étage, lui faisant lâcher sa prise sous le sursaut. Marefwen regarda alors affolée Etsa qui laissa un léger sourire se dessiner au coin de ses lèvres.
« - Rilu'oh... Il orn tlu saph dos.
- Dos... Dos xunus naut...
- Venorsh. Usstan tlun zhaunus ol zhah natha bwael klez. Il inbal natha zhennu athiyk lu' Usstan talinth udos orn tlu brorn a ilta moran ulnin. »
Marefwen ne répondit pas, les mains crispées sur le bord de la table.
Etsa, quant à lui, reprit lentement son repas comme si de rien n’était.
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Quelqu'un
- Zombie Lord Farakelsus
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Message
par Quelqu'un » sam. 14 février 2009 à 13h15
Chapitre IV : Le Bois des Révélations.
[ image externe ]
- "Une minute figée dans le temps. Poignante, saisissante.
Une plaine vierge et ensoleillée se dessinant sous une tempête de roses. La silhouette d'un père protecteur apparaissant, la main tendue et le sourire aux lèvres, prêt à accueillir en son sein le fruit de son corps et ses efforts. Puis, les bourrasques fleuries l'emportant dans un souffle, ne laissant plus que derrière son image fantasmagorique un doux murmure se répercutant dans les entrailles du temps. « Plynn kyon. ». L'envie de crier, mais ne faire face qu'à un silence malgré la puissante volonté. Les lèvres qui se tordent et la rage au ventre, tentant d'hurler son nom vainement pour le retenir. [...]
Puis le soleil qui décline et se fait envelopper dans un voile ténébreux. La plaine qui se meurt et se détruit, ne devenant qu'aride et déserte. Les roses voletant en les alizés qui se carbonisent pour ne devenir que cendres; ne laissant derrière elles qu'un sentiment de solitude et de peur aussi violent que poignant. Les poussières qui dessinent les contours de sa mère, puis d'Esta tenant une Fauche en main. L'impassibilité de l'une, le sourire carnassier de l'autre. La puissante lame aiguisée se levant dans le ciel, sans un mot, sans un bruit. Un cri à nouveau étouffé. Des larmes aussi sèches que le sable s'écoulant sur une peau bien trop froide. La lame qui siffle, la Fauche qui s'abat. [...]
Les rideaux se ferment sur la triste scène de linceul.
Silence. Entracte."
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Lotradas
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Message
par Lotradas » sam. 1 mai 2010 à 19h47
Compte supprimé par conséquent de même pour le perso
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